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Le Shekel (ILS) a poursuivi en 2021 sa tendance haussière poussée par l’afflux d’investissements étrangers dans le
secteur de l’innovation et malgré un taux directeur de la banque centrale à 0,1 %. Le programme d’achat
de devises étrangères (plafonné à 30 milliards USD pour 2021) n’a pas réussi à éloigner cette tendance.


Depuis 2016, le Shekel s’est apprécié de plus de plus de 17 % face au dollar US, la principale devise de référence,
à un rythme annuel d’environ 4,5%. Vis-à-vis de l’euro, l’appréciation du shekel aura été de plus de 14% sur les 12
derniers mois.

La devise israélienne a atteint son plus haut historique en novembre 2021 sans que les autorités ne s’en inquiètent,
notamment parce qu’elles estiment qu’Israël est en train de réussir une mutation économique. Le « tournant digital »
est en effet engagé : les start-up israéliennes croissent par introduction en bourse plus que par fusion acquisition ce
qui permet de conserver le contrôle technologique en Israël, les exportations de services High Tech sont moins
dépendantes de la valeur de la monnaie que celle des biens.

En négatif, des effets de bulles sont perceptibles à Tel Aviv sur le marché immobilier (Israël peine à fournir 57000
logements nouveaux par an quand il en faudrait 80000) et sur les salaires du secteur qui dépassent désormais
nettement ceux servis à Paris.

Le bureau statistique israélien considère que, sur la base des données pour la période allant de mai à août 2021, le
rythme annuel d’augmentation de l’indice des prix à la consommation pourrait s’établir à 2,5% en 2021, près du
plafond de 3% défini par la Banque Centrale. La force du shekel et la production gazière préservent cependant
l’économie de l’inflation importée.

Le retour de l’inflation est suivi avec attention en raison de ses conséquences sociales dans un pays où le coût de la
vie est déjà très élevé et où le taux de pauvreté est un des plus élevé des pays de l’OCDE (environ 20%). Israël se
place au 4ème rang des pays les plus chers de l’OCDE mais ses salaires ne figurent qu’au 21ème rang et son niveau
de vie par habitant stagne depuis dix ans.

Eric Sayettat
Chef du service économique

.tresor.economie.gouv.fr

 

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