Pour soutenir l’effort de guerre, Israël a massivement emprunté sur les marchés internationaux en 2024 et 2025, au point que la dette publique représente désormais plus de 69 % du PIB, contre 60 % avant la guerre, selon le Trésor. Les impôts et les prélèvements sociaux ont également augmenté.

« Économie du traumatisme »

Esteban Klor, professeur d’économie à l’Université de Jérusalem, explique à l’AFP que les Israéliens « paient deux fois » pour la guerre.

La première, dit-il, à travers la baisse des dépenses sociales de l’État et la réduction des investissements dans les services publics actées par plusieurs coupes budgétaires successives « au rabot », alors même « que nous sommes […] en train d’augmenter la dette ».

« L’éducation va en pâtir, la qualité des infrastructures va baisser, tout comme la performance du système de santé », détaille-t-il.

Le deuxième coût est lié à la mobilisation continue de dizaines de milliers de réservistes depuis l’assaut barbare et sanglant du Hamas.

« Comme […] beaucoup de nos actifs sont dans l’armée plutôt qu’à leur poste de travail, cela affecte la production », explique Klor.

Selon une enquête de l’Institut israélien pour la démocratie (IDI), cercle de réflexion classé au centre, 31 % des personnes interrogées disent subir une baisse de leur salaire ou de leurs revenus depuis le 7-Octobre, et le phénomène frappe de plein fouet les indépendants et les travailleurs les plus modestes.

L’économie israélienne n’en a pas moins rapidement surmonté le choc de la guerre, le PIB ayant retrouvé dès 2024 son niveau de 2022 et continuant de croître à un rythme enviable (+2,9 % en 2025 avec une accélération attendue pour 2026).

Mais au colloque de Herzliya, Tamar Levi-Boneh, codirectrice du budget, a mis en garde contre une « économie du traumatisme », où le choc du 7-Octobre et le sentiment d’échec ressenti par l’armée suite au massacre conduisent celle-ci à réclamer sans cesse davantage de budget pour assurer la sécurité du pays.

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