Partager :

Notre journal en ligne est en progression constante. L’interêt pour Israël n’a pas diminué depuis des mois. Sur Twitter nous avons plus de 5000/personnes jours qui nous suivent. Le livre « IsraelValley » (Edouard Cukierman et Daniel Rouach) cartonne en Chine, Brésil, Italie, france…

LE PLUS.

Edouard Cukierman et Daniel Rouach ont réédité leur ouvrage Israël Valley, le bouclier technologique de l’innovation. Cette nouvelle édition offre une mise à jour complète des données et met en perspective les nouvelles technologies qui ont émergé depuis 5 ans qui ont complétement transformé le paysage high-tech mondial : sciences de la vie, intelligence artificielle, cleantechs, cyber sécurité… et les conséquences de la montée en puissance de la nouvelle puissance chinoise. Une présentation des 100 sociétés israéliennes à la pointe de l’innovation complète ce panorama.

Au-delà des récits des multi-start-up qui révolutionnent notre vie au quotidien, ce livre est aussi un témoignage objectif de l’état d’esprit d’un pays, dont l’adaptation, le multiculturalisme, la prise de risque et le développement de partenariats sont les principes clés.

En exclusivité pour Israël Science Info, voici quelques extraits :

« A l’heure où des villes comme New-York, Berlin, Londres et même Paris s’affichent comme des rivales crédibles de la Silicon Valley, Israël Valley doit faire face à plusieurs défis cruciaux : cet écosystème n’a pas encore permis, à ce jour, l’émergence de champions nationaux de grande taille et se définit davantage comme un modèle performant de production et de vente de start-ups que comme un pays qui s’imposerait structurellement aux autres.

Rappelons que 95 % des fonds investis dans les fonds de venture capital ne proviennent pas d’Israël mais de fonds de pension ou de compagnies d’assurance étrangères. Par ailleurs, la Silicon Wadi encourt les risques que sa consœur californienne connaît désormais : menace d’une prochaine bulle Internet, pénurie de main d’œuvre spécialisée  explosion du coût de l’immobilier, pollution accélérée, fossé social accru entre les riches et les pauvres…

Pourtant le modèle d’Israël Valley a fait ses preuves et a été copié dans de nombreux pays. Ainsi le milliardaire chinois Li Ka-shing a investi 130 millions de dollars pour créer, dans le sud de la Chine, une filiale du Technion, l’Institut technologique de Haïfa, l’un des fleurons de l’entrepreneuriat technologique en Israël.

Mais une simple transposition de structures ne suffit pas pour dupliquer le succès d’Israël Valley car celui-ci est complexe.

L’écosystème israélien d’innovation et sa dynamique reposent sur un ensemble de tensions créatrices : elles traduisent l’extrême vulnérabilité d’un État isolé, de petite taille, quasiment dépourvu de ressources naturelles, qui ne peut assurer sa survie qu’à travers une capacité militaire incontestable. Cette situation a justifié une très forte intervention initiale de l’État, qui, par des actions directes (investissements) et indirectes (avantages fiscaux), a posé les bases d’un dispositif entrepreneurial remarquable, où se consolident mutuellement les différents paramètres constitutifs (grandes entreprises, investisseurs, armée, universités…) et qui se poursuit dans des actions portées par un secteur privé innovant.

Ce système est par ailleurs immergé dans un sentiment de communauté puissant qui dépasse les frontières du pays et assure à la fois une forte diversité de recrutement et une grande solidarité.

Israël bénéficie de cet important potentiel de croissance induit par des innovations disruptives dans les domaines de la génétique, la biotech, la biomédecine, la robotique, les nanotechnologies, la blockchain tout ce qui permet à Israël de défier les lois classiques de l’économie qui veulent que les retours d’investissement vont en s’amenuisant.

Israël a un avantage par rapport aux autres économies avancées dans le secteur le plus crucial de la projection de croissance, c’est-à-dire celui de  la taille, l’orientation et l’éducation des 20-34 ans, ceux qui innovent, ceux qui prennent des risques, qui travaillent dur, qui consomment, qui produisent et qui défendent militairement. Ce groupe d’âge, responsable de 40% de la croissance économique est en train de diminuer en Europe et dans les autres pays avancés, mais il continue de se développer en Israël. Le taux de fertilité de ces autres pays avancés – autres qu’Israël – est inférieur à 2,1 enfants par femmes, ce qui est indispensable pour maintenir le niveau de population, alors que le taux de fertilité juif en Israël est supérieur à 3 et parfois peut aller à 3,5 enfants par femme.

De même, les exportations israéliennes ont pu éviter le ralentissement du commerce mondial en développant des niches qui sont uniques et qui sont essentielles à la majorité des pays, dans les secteurs de la sécurité, de la médecine, de la santé, de la clean-Tech, de la cybersécurité, de l’agriculture, de irrigation…

Le succès des start-up israéliennes va donc bien au-delà de l’impact économique qui se chiffre uniquement sur le montant des transactions réalisées, puisqu’il a un impact sur le tourisme avec un nombre croissant de visites d’hommes d’affaire internationaux en Israël (restauration, hôtellerie, immobilier), mais également sur de nombreux prestataires de service qui offrent un support aux entreprises de High-Tech israéliennes.

Donc même si seulement 3% de la population israélienne travaillent dans la High-Tech, cela a un impact important économique sur le PNB. La High-Tech est la locomotive de la croissance économique israélienne parce qu’elle représente plus de la moitié des exportations.

Ces ‘start-upistes’ qui vendent leurs sociétés très jeunes, réutilisent les ressources obtenues en créant de nouvelles entreprises, d’où cette dynamique assez unique au monde de croissance de l’économie liée directement au succès de la High-Tech.

Grâce à internet, ces entreprises peuvent avoir l’ambition de devenir des acteurs mondiaux (Mobileye, Waze), même pour celles qui ont des structures moins orientées ‘High-Tech’ mais qui sont devenues des leaders mondiaux dans le secteur de l’eau tel que Netafim ou encore IDE.

Ainsi, le nombre d’acteurs israéliens impliqués à l’international atteignant une taille critique (Teva en est un autre exemple) est de plus en plus important, ce qui nous permet de voir l’économie israélienne grandir avec une perspective d’avenir ambitieuse.

Il peut paraitre prétentieux de proclamer que l’on peut difficilement imaginer un monde sans Israël, car sans ce pays, nous n’aurions pas toutes les innovations, la technologie, la créativité, les progrès médicaux qui ont déjà été donnés au monde grâce à ce pays et nous manquerions toutes les contributions remarquables à venir.

Et c’est en cela que le modèle de l’Israël Valley peut affronter l’avenir avec force et confiance en son étoile ».

Le bouclier technologique de l’innovation, Editions EMS, en vente à la FNAC,sur Amazon

Partager :