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Le Président Américain Donald Trump a annoncé ce jeudi qu’Israël et le Maroc avaient convenu de normaliser leurs relations diplomatiques, économiques, technologiques. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a salué un « pas important vers davantage de stabilité et de coopération » dans la région. Le conseiller spécial du président américain pour le Moyen-Orient, Jared Kushner a précisé de son côté que cet accord prévoit notamment la réouverture de l’espace aérien marocain aux avions de lignes israéliens et qu’il y aura à un nouveau un trafic aérien direct entre les deux pays. Chaque pays ouvrira dans un premier temps un « bureau d’intérêts diplomatiques » à Tel-Aviv et Rabat et dans une second temps, des ambassades. Les deux pays entretiendront aussi des liens économiques.

Quels sont les business clés à forts potentiels entre le Maroc et Israël? Découvrons dans un premier temps l’économie du Maroc.

L’économie du Maroc est une économie de marché d’inspiration libérale qui peut très bien s’accorder avce Israël. L’État Marocain joue néanmoins un rôle non négligeable dans l’émergence économique du pays avec sa stratégie d’industrialisation. Le PIB du Maroc a connu un taux de croissance annuel moyen de 4% sur la dernière décennie et a atteint 122 milliards $ en 2019.

Le Maroc est le troisième producteur et premier exportateur mondial de phosphates, rentrée importante en devises pour le pays. Il détient, et de loin, les premières réserves mondiales avec 50 milliards de tonnes. C’est également une puissance agricole. Le pays occupe respectivement le 6e rang mondial, le 4e et le 3e en ce qui concerne les exportations d’agrumes, de tomates et d’olives de table. Il est à la 10e place pour l’huile d’olive.

Les grandes réformes et les grands chantiers entamés par le pays ont donné de bons résultats, notamment avec la hausse continue du PNB, et cela même durant les mauvaises saisons agricoles dues à des périodes de sécheresse aiguës.

L’économie marocaine dispose aujourd’hui d’un cadre macroéconomique sain susceptible de constituer un levier efficace pour la réalisation des objectifs de croissance durable, de résorption du chômage et de réduction de la pauvreté, qui est de l’ordre de 5%. Selon le ministère de l’économie, le Maroc a enregistré en 2019 une inflation de 1,0 % et une croissance de 2.6 % tirée par une bonne année agricole, un chiffre supérieur aux prévisions de la loi de finances 2015 qui tablait sur une croissance de 4,4 %.

Le Maroc est classé parmi les cinq plus importants clients africains d’Israël. A l’échelle de l’Afrique, le Maroc arrive juste après l’Egypte, suivi de la Mauritanie, l’Ethiopie, l’Ouganda et le Ghana. Le Maroc a fait le choix d’avoir Israël comme partenaire économique.

Les produits chimiques et mécaniques, ainsi que les appareils électroniques et engins dédiés au secteur agricole, sont en tête des exportations des entreprises israéliennes vers le Maroc. Dans la finance, les banques Leoumi et Hapoalim ont mis en place des passerelles pour les opérations d’import-export entre le Maroc et Israël, via des conventions de correspondant banking avec plusieurs institutions financières marocaines.

L’expérience israélo-marocaine la plus visible est celle de Netafim (firme israélienne rachetée en juillet 2017 par un groupe Mexicain), leader mondial des systèmes d’irrigation et de micro-irrigation a ouvert une filiale au Maroc. «

Les domaines clés à forts potentiels (relations économiques et technologiques) entre Israël et le Maroc :

  1. Agriculture et Irrigation. 2. Aéronautique et spatial. 3. Biotechnologies et sciences du vivant. 4. Tourisme.

5. L’industrie électronique pourrait être à l’avenir un domaine clé de coopération hightech entre Israël et le Maroc.

Le Maroc dispose d’un certain nombre d’atouts pour développer le secteur de l’électronique : l’industrie électronique est née au Maroc dans le courant des années 1950-1960 avec l’implantation de STMicroelectronics en 1960 (Thomson à cette époque. Aujourd’hui, le secteur connaît un véritable engouement pour les branches de montage de cartes électroniques, de circuits intégrés, de centraux téléphoniques et de fabrication de composants électroniques. Le pays compte plus de 30 unités industrielles, génératrices de près de 7 000 emplois.

Elles réalisent des exportations pour un montant global de 940 millions de dirhams par an. La fabrication des composants électroniques dépend, de plus de 11 sociétés et réalise un chiffre d’affaires de plus de 1,2 milliard de dirhams; La production de la branche électronique est quasi exclusivement orientée vers l’exportation. 83 % des produits électroniques ont été exportés, principalement, vers la France (plus de 99 % du total). En seulement quelques années, le Maroc est passé du statut d’importateur à celui d’exportateur de composants électroniques.

Dans le domaine de l’électronique, les atouts du Maroc sont principalement sa proximité géographique avec l’Europe, une disponibilité d’ingénieurs et de techniciens qualifiés ainsi que des infrastructures suffisantes et de bonne qualité. L’ASEL (Association du Secteur de l’Électronique) regroupe les principales industries de l’électronique basées au Maroc. Ce secteur souffre toutefois des faibles dépenses en R&D. L’emploi dans le secteur électrique-électronique, constitué par plus de 50 % de femmes sur un total de près de 31.000 personnes, représente 6,3 % des postes de travail de l’ensemble des industries de transformation du Royaume.

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