EDITORIAL. MYRIAM AZOGUI. l’un des sujets majeurs de cette campagne a été l’enrôlement des ultra-orthodoxes. L’armée ou le service civil sont obligatoires en Israël et les trois années de guerres ininterrompues et inachevées ont largement épuisé celles et ceux qui se sont battus pour le pays.

Malgré de nombreux appels du chef d’état-major quant à la nécessité vitale de recrues supplémentaires, les partis ultra-orthodoxes membres de la coalition gouvernementale se sont farouchement opposés à toute forme de contribution au pays qui pourraient exposer leur base électorale au reste de la société israélienne et risquer, selon eux, de les éloigner de leur mode de vie.

Au-delà de la pression exercée sur le gouvernement et sur le risque posé à l’armée, c’est la question de l’identité nationale et de la cohésion sociale autour de laquelle s’est articulée la campagne.

C’est pourquoi la création du parti Hatsibour Haharedi est un phénomène majeur. Ce parti dirigé par Moti Leitner, et chose novatrice pour un parti ultra-orthodoxe, composé également de femmes, prône l’intégration de cette population dans la société israélienne tout en conservant son mode de vie. Que ce soit dans le service militaire ou civil, dans le marché du travail, ce parti revendique une participation aux destinées du pays et à la représentation d’une population à laquelle les moyens de s’émanciper seraient prodigués dans le respect de leur mode de vie. Ce qui signifie en soi une réforme de l’éducation et la possibilité d’apprendre des matières autres que religieuses pour pouvoir accéder aux études supérieures et ainsi au marché du travail.

Ce parti est évidemment décrié par les 2 grands partis ultra-orthodoxes qui voient d’un mauvais œil leur monopole menacé. Il a également dû subir de fortes pressions du Likoud, le parti de Benyamin Natanyahou, pour qu’ils se retirent de la course électorale afin d’assurer aux 2 partis traditionnels de remporter l’intégralité du vote ultra-orthodoxe et ainsi assurer une coalition avec Netanyahou.

Le chef de ce parti a rejeté toutes les pressions en expliquant justement que son parti dépasse une simple question de politique et vise à réformer en profondeur et dans la durée la société ultra-orthodoxe.

Partager :