ERIC CHICHEPORTICHE. ISRAËL : TROIS ANS APRÈS LE 7 OCTOBRE,

LA RÉSILIENCE D’UN PEUPLE

Trois ans après le 7 octobre, Israël continue de construire, d’innover et de regarder vers l’avenir.
Dans cette résilience résonne l’ambition de David Ben Gourion : faire de l’éducation, de la science
et de la volonté de bâtir les forces d’une nation.
Trois ans après le terrible 7 octobre 2023, une question s’impose : comment un pays aussi petit, confronté à tant d’épreuves, peut-il continuer à avancer avec une telle détermination ?
Comment une nation meurtrie par les massacres, la guerre et les souffrances de tant de familles parvient- elle encore à entreprendre, à construire et à préparer l’avenir ?
La réponse ne se trouve pas uniquement dans les chiffres. Elle réside avant tout dans la force
exceptionnelle d’un peuple, héritier d’une vision et d’un idéal.

La vision de Ben Gourion : bâtir l’avenir
Le 14 mai 1948, lorsque David Ben Gourion proclame la naissance de l’État d’Israël, son ambition
dépasse la création d’un État souverain capable de se défendre. Il imagine une nation fondée sur la
liberté, la justice, l’éducation, la recherche et la volonté de construire.
Il voit notamment dans le Néguev un territoire d’avenir, où le désert peut devenir un espace de
développement, de savoir et de vie.
Aujourd’hui, les universités, les centres de recherche et les entreprises technologiques donnent corps à cet esprit pionnier. La science y devient un moyen de relever les défis, de créer des emplois et de préparer les générations futures.
Cet héritage est aussi une exigence : faire en sorte que la sécurité s’accompagne de savoir, la réussite de
solidarité et l’avenir de paix.
Une économie qui défie les épreuves
Selon un bilan publié par Calcalist, le produit intérieur brut d’Israël a progressé de près de 10 % en trois
ans, malgré les bouleversements provoqués par la guerre.
La Bourse de Tel-Aviv a enregistré des performances remarquables : +130 % pour l’indice TA-35 et
+120 % pour le TA-125 sur les trois années arrêtées au 7 octobre 2026, dépassant le Nasdaq et le S&P
500 sur la même période. Le shekel s’est également renforcé face au dollar.
Ces résultats n’effacent pas le coût économique considérable de la guerre, avec une perte de production
estimée à 177 milliards de shekels jusqu’à fin 2025.
Mais ils témoignent de la capacité exceptionnelle d’Israël à continuer de fonctionner et de se développer
malgré l’adversité. En septembre 2026, l’inflation annuelle s’établissait à 1,6 % et le taux directeur de la
Banque d’Israël à 3,25 %.
Le 21 octobre, la Banque d’Israël a confirmé le maintien de ce taux directeur. Avec une inflation annuelle
située dans sa fourchette cible de 1 à 3 %, la stabilisation des prix se confirme.
Le marché de l’emploi reste dynamique. En septembre 2026, le chômage demeurait faible, autour de 3 %, tandis que les entreprises continuaient de recruter et que les salaires progressaient. Toutefois, la
participation au marché du travail n’avait pas encore retrouvé son niveau d’avant-guerre.

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Les finances publiques restent sous pression, avec un déficit que la Banque d’Israël estime à 4,4 % du
PIB pour 2026. Mais les investissements devraient progresser de 10,5 % sur l’année, signe d’une
économie qui continue de préparer l’avenir.
Les perspectives de croissance sont également encourageantes. Selon les prévisions publiées le 21
octobre, le PIB israélien devrait progresser de 5,6 % en 2026 et de 7,5 % en 2027. Une partie importante
de cette croissance proviendrait toutefois de l’activité des entreprises israéliennes à l’étranger. Pour
l’économie intérieure, la Banque d’Israël prévoit une croissance de 3,4 % en 2026 et de 5,1 % en 2027.
L’innovation comme réponse à l’adversité
L’une des grandes forces d’Israël réside dans son investissement dans l’intelligence, l’éducation et la
recherche.
En 2025, les exportations de haute technologie ont atteint 85 milliards de dollars, représentant environ 58% des exportations du pays. Au cours des neuf premiers mois de 2026, les entreprises technologiques
israéliennes ont levé 11 milliards de dollars, soit 50 % de plus qu’à la même période de 2025, selon les
données d’IVC-LeumiTech.

a Banque d’Israël fait également état d’environ 4,7 milliards de dollars levés par la haute technologie au
seul troisième trimestre 2026, selon son propre périmètre statistique, distinct de celui d’IVC-LeumiTech.
Un signal supplémentaire de l’activité des investisseurs dans ce secteur.
Autre indicateur remarquable : en 2025, les opérations de cession et de sortie d’entreprises
technologiques israéliennes ont représenté environ 84 milliards de dollars, selon l’Autorité israélienne de l’innovation. Ce montant inclut notamment de grandes transactions signées en 2025 et approuvées en
2026. Il ne représente toutefois ni le bénéfice annuel du secteur ni des capitaux intégralement réinvestis
en Israël.
Cette capacité d’innovation continue d’attirer les investisseurs étrangers, qui représentaient 70 % du
capital-risque investi dans la haute technologie israélienne en 2025.
Israël mérite son surnom de « Start-up Nation » : environ 775 nouvelles start-up y ont été créées en 2025.
La haute technologie employait près de 400 000 personnes, soit 11,4 % de l’emploi national. Malgré les
difficultés, scientifiques, ingénieurs et entrepreneurs continuent d’innover et de préparer l’avenir.
Là où d’autres pourraient ne voir que des obstacles, Israël cherche des solutions.
L’intelligence comme première richesse
La force d’Israël ne se mesure pas uniquement à ses performances économiques. Elle repose sur une
conviction profonde : la connaissance, la recherche et l’éducation constituent les fondements de son
avenir.
En 2025, la haute technologie représentait 18,3 % du produit intérieur brut israélien, contre 17,7 % en
2024, et contribuait à elle seule à la moitié de la croissance économique du pays.
Israël consacrait, selon les dernières données comparables de l’OCDE pour 2024, 6,8 % de son PIB à la
recherche et au développement, contre 2,7 % en moyenne dans les pays de l’organisation.
Ces chiffres donnent une dimension concrète à l’héritage de David Ben Gourion. Là où les ressources
naturelles étaient limitées, Israël a choisi de faire de l’intelligence humaine, de la science et de la
créativité ses principales richesses.

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Un pays qui continue de bâtir
L’immobilier illustre également cette volonté de préparer l’avenir. Près de 80 000 logements ont été mis
en chantier en 2025. À la fin du mois de juin 2026, environ 217 240 logements étaient en cours de
construction, contre un peu plus de 207 000 à la fin de l’année précédente.
Sur les douze mois allant de juillet 2025 à juin 2026, 76 040 logements ont été mis en chantier et 60 970
ont été achevés. Le nombre de mises en chantier a toutefois reculé de 7 % par rapport aux douze mois
précédents.
Malgré le ralentissement des ventes et les contraintes économiques, les chantiers se poursuivent.
La démographie témoigne aussi de cette vitalité. En septembre 2026, Israël comptait environ 10,305
millions d’habitants, soit une augmentation de 1,2 % en un an. La population continue ainsi de croître
malgré les incertitudes et un solde migratoire négatif.
Derrière ces chiffres se dessine la volonté d’un pays de construire un avenir pour ses enfants.
Mais derrière chaque chantier, chaque entreprise et chaque naissance, il y a surtout des visages, des
familles et des histoires humaines. Depuis le 7 octobre, il y a aussi des absences, des blessures et des
inquiétudes que nul indicateur économique ne peut mesurer.
Les chiffres racontent ce qu’Israël accomplit. Ils ne disent pas tout du courage de celles et ceux qui,
malgré la douleur, lui permettent de continuer à avancer.
Mais la véritable force est humaine
Car au-delà des performances économiques, des innovations scientifiques et des constructions nouvelles, ce qui force profondément mon admiration, c’est avant tout la force de ce peuple.
Ces réservistes qui quittent leur famille pour défendre leur pays. Ces parents qui continuent d’élever leurs enfants dans l’espoir de jours meilleurs. Ces bénévoles qui soutiennent les plus fragiles. Ces enseignants, ces médecins, ces entrepreneurs qui refusent d’abandonner.
Et toutes ces familles endeuillées qui trouvent, jour après jour, le courage de continuer à vivre.
Depuis des générations, ce peuple a fait de l’étude, du débat, de la transmission et de l’initiative des
éléments essentiels de son identité.
Il a appris que la connaissance est une richesse, que la solidarité est une force et que l’espérance peut
devenir un moteur.
Israël ne se contente pas de résister. Israël continue d’inventer son avenir.
Admirer sans oublier
Cette admiration ne doit jamais faire oublier le prix humain des événements. Aucune réussite
économique ou technologique ne pourra effacer les vies perdues, les familles brisées et les traumatismes
du 7 octobre.
La résilience n’est pas l’absence de souffrance. C’est cette force intérieure qui permet de poursuivre son
chemin malgré la douleur.
Je regarde ce peuple avec un immense respect, non parce qu’il serait épargné par les difficultés, mais
parce qu’il trouve encore les ressources nécessaires pour vivre, créer et espérer.

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Plus jamais ça
Trois ans après le 7 octobre, nous avons le devoir de nous souvenir des victimes, de leurs familles et de
toutes ces vies bouleversées.
Nous souvenir aussi que la haine et l’antisémitisme peuvent conduire au pire et ne doivent jamais être
banalisés.
Plus jamais ces massacres. Plus jamais cette barbarie. Plus jamais un 7 octobre.
Mais ne jamais cesser de croire en la vie, en l’éducation, dans la transmission et dans un avenir meilleur.
Israël est un petit pays par sa géographie, mais immense par son énergie, sa créativité et sa volonté de
vivre.
C’est cette force, héritière d’une histoire et tournée vers demain, qui suscite toute mon admiration.
Un peuple qui peut plier sous le poids de l’histoire, mais qui refuse de rompre.
Am Israël Haï !
Éric Chicheportiche

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