Le monde des affaires en Israël est largement impliqué. SpaceX entre en Bourse cette semaine.

Par |2026-06-10T13:17:48+02:0010 Juin 2026|Catégories : ECONOMIE|

SpaceX entre en Bourse cette semaine : pourquoi l’opération du siècle inquiète autant et attire autant d’attention en Israël.

SpaceX IPO // Source : Montage Numerama
Elle n’a jamais vendu la moindre action, mais le 12 juin, elle pourrait pourtant devenir la 8ᵉ entreprise la plus cotée de la planète : le cas SpaceX, très suivi en Israël, est vertigineux et inquiétant pour certains analystes, voici pourquoi.

Après avoir multiplié les lancements spatiaux et œuvré avec la NASA au retour des humains en orbite lunaire, il reste un horizon que SpaceX n’a pas encore exploré : la Bourse. Mais le 12 juin, ce sera vraisemblablement de l’histoire ancienne : l’entreprise d’Elon Musk doit réaliser la plus grosse entrée en bourse de l’histoire.

Jamais une société n’aura débarqué sur les marchés à un tel niveau de valorisation, dans un climat où certaines règles ont été assouplies pour lui faire de la place, alors même qu’elle perd de l’argent.

SpaceX vise un lancement record

Tant qu’une entreprise est « privée », ses actions sont réservées à un petit cercle : ses fondateurs, ses salariés et quelques gros investisseurs. C’est précisément ce qu’est SpaceX, et ce, malgré son apparente exposition médiatique sur les deux dernières décennies depuis sa création en 2002 par Elon Musk.

Pour entrer en bourse, cette dernière devra, comme « toutes les entreprises », passer par une IPO (Initial Public Offering), c’est-à-dire ouvrir son capital au grand public. À partir de ce jour-là, n’importe qui pourra acheter un morceau de l’entreprise en quelques clics.

Source : Montage Numerama

Pour SpaceX, ce grand baptême a désormais un calendrier précis. La cotation est visée pour le 12 juin 2026 sur le Nasdaq (la grande bourse technologique de New York), sous le nom de code (ticker) SPCX — le prix des actions devant être fixé la veille au soir. En termes d’objectif, SpaceX compte proposer 555,6 millions d’actions à 135 dollars chacune pour atteindre un objectif de 75 milliards de dollars.

Le précédent record d’une entrée en bourse appartient au pétrolier saoudien Saudi Aramco, qui avait récolté 29 milliards en 2019. SpaceX viserait donc plus de deux fois et demie ce record. Ce serait, tout simplement, la plus grosse opération de ce type jamais vue.

Pourquoi SpaceX vaut autant ?

Envoyer des fusées dans l’espace n’a jamais été l’activité la plus rentable d’Elon Musk. On peut donc légitimement se demander pourquoi une telle valorisation a été atteinte.

Pris séparément, le cœur de métier de SpaceX gagne pourtant de l’argent. Au fil des derniers mois, Elon Musk a patiemment regroupé sous un même toit quatre activités très différentes. Il y a d’abord le socle historique : les fusées (Falcon 9, Starship) et surtout Starlink, l’accès à Internet par satellite, qui compte plus de 9 millions d’abonnés et rapporte aujourd’hui le plus gros des revenus du groupe.

En février 2026, SpaceX a même racheté xAI, l’entreprise d’intelligence artificielle de Musk (celle derrière le LLM Grok). Or xAI possédait déjà X, l’ancien Twitter. En une seule opération, Musk a donc réuni l’espace, l’Internet mondial, l’intelligence artificielle et un réseau social planétaire. Acheter une action SpaceX, ce sera miser sur ces quatre univers d’un coup. C’est un pari unique sur les marchés, mais aussi une pluralité d’objectifs qui, mis ensemble, donne aussi l’impression d’investir dans un cocktail qui n’a pas trop de sens.

Twitter devient X
Twitter devient X // Source : Numerama

Seulement en mai, plutôt que de garder une marque d’IA indépendante, Musk a tout simplement dissout xAI pour la fondre dans SpaceX, sous le nom de « SpaceXAI ». Et surtout, il a changé de stratégie du tout au tout. L’idée n’est plus de fabriquer le meilleur robot conversationnel pour détrôner ChatGPT — son chatbot Grok existe toujours, mais passe au second plan. Le nouveau pari de Musk, c’est de devenir le fournisseur d’infrastructure incontournable de toute l’industrie de l’IA : celui qui loue la puissance de calcul à tout le monde, y compris à ses concurrents. SpaceX a ainsi ouvert ses gigantesques super-ordinateurs (220 000 cartes graphiques Nvidia, le nerf de la guerre de l’IA) à… Anthropic, le créateur de l’IA Claude avec 1,25 milliard de dollars par mois jusqu’en 2029.

Anthropic passe un deal avec SpaceX pour augmenter les capacités de Claude // Source : Numerama / Claude / SpaceX

Puis, le 5 juin — soit une semaine avant la cotation — c’est Google qui a sorti le chéquier. Le géant s’est engagé à payer à SpaceX environ 920 millions de dollars par mois, d’octobre 2026 à juin 2029, pour accéder à quelque 110 000 cartes graphiques Nvidia et faire tourner son intelligence artificielle, Gemini. Soit un contrat de l’ordre de 30 milliards de dollars au total.

Non seulement SpaceX loue désormais ses supercalculateurs à l’un des plus gros acteurs de la tech mondiale, mais ce client est aussi l’un de ses concurrents directs — et l’un de ses propres actionnaires, puisque Google détient une participation dans SpaceX depuis 2015.

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