Depuis le début de l’escalade régionale, les alertes sont devenues une nouvelle réalité pour les habitants comme pour les milliers d’expatriés qui travaillent dans le centre financier de Dubaï. Pourtant, la vie continue presque normalement. Les autorités des Émirats arabes unis encouragent entreprises et administrations à poursuivre leurs activités sans céder à la panique, afin de préserver l’image de stabilité qui fait la force économique du pays.
Selon Le Monde, cette politique s’accompagne d’une fermeté à l’égard des acteurs économiques jugés trop prudents. Un établissement bancaire américain, qui avait réduit son exposition au marché local, aurait ainsi perdu plusieurs contrats publics, finalement attribués à la banque française Natixis.
La population expatriée, qui représente plus de 90 % des quelque quatre millions d’habitants de la ville, est également invitée à ne pas afficher publiquement ses inquiétudes. Hussein Nasser Eddine, dirigeant de la société de sécurité Crownox, résume cette réalité : « On peut gagner énormément d’argent à Dubaï, mais on n’a pas le droit d’exprimer ses émotions. Ce n’est pas un cercle de philosophie. »
En coulisses, toutefois, les interrogations se multiplient. Un consultant français, qui accompagne depuis près de vingt ans la transformation numérique des banques de la région, explique que plusieurs projets ont été gelés : « L’incertitude est presque aussi néfaste que la guerre. Je ne sais pas si je dois recruter, licencier, rester ou partir ».
Les aides accordées aux entreprises touchées par la crise restent très limitées. Contrairement aux plans de soutien massifs observés dans d’autres pays, les Émirats privilégient une intervention minimale. Un choix cohérent avec leur modèle économique, fondé sur une faible fiscalité et un État peu interventionniste.
Malgré les tensions, Dubaï continue donc de miser sur son attractivité internationale. Mais pour la première fois depuis longtemps, la première place financière du Golfe doit convaincre investisseurs et entreprises qu’elle demeure un refuge, même dans un Moyen-Orient instable.
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