Le Premier ministre a reconnu s’être adressé à d’autres propriétaires de journaux dont Amos Schoken quand il possédait Walla! pour changer la manière dont on parlait de sa famille: ”C’est ce qu’il y a de plus naturel au monde”, a-t-il estimé devant les juges. La plupart des demandes à Walla! concernait le traitement de sa famille et non de sa politique.
Netanyahou a nié toute faveur accordée à Elovitch. ”Il n’est pas bon d’être l’ami de Bibi, cela n’aide pas”, a-t-il déclaré.
Il a reconnu que son épouse Sara avait pu demander certaines choses mais pas en son nom et sans qu’il en soit tenu au courant: ”Elle est une femme indépendante, elle a des réseaux par son travail, nous avons des amis communs, elle a plus de temps que moi. Lorsque je dis que je travaille 17 à 18 heures par jour, je n’exagère pas”.
Le Premier ministre a expliqué qu’il échangeait très peu avec son épouse: ”Très peu et pas assez en général. Je rentre après minuit, nous avons une courte conversation, généralement sur la journée, les enfants, la famille puis nous nous disputons pour savoir devant quel programme télévisé nous allons nous endormir”, a décrit Netanyahou.
Beaucoup des demandes à Elovitch émanaient de son conseiller Zeev Rubinstein qui les faisaient passer au nom du couple Netanyahou même si elles lui arrivaient de Sara uniquement.
Par ailleurs, Netanyahou a insisté sur le fait qu’Elovitch n’a pas répondu favorablement ou de manière différente qu’à d’autres aux demandes de couverture favorable. L’avocat de Netanyahou a présenté une série d’articles hostiles à Netanyahou publiés sur Walla! après le fameux diner afin de montrer que l’accusation formulée par le Parquet était infondée. Le Premier ministre a même témoigné que lors de son interrogatoire, aucun article favorable ne lui a été montré pour prouver la thèse de l’accusation.
Netanyahou a également expliqué qu’il n’avait jamais accordé de faveurs à Bezeq et qu’il avait apporté son soutien total à Guilad Erdan, alors ministre des Télécommunications, pour passer une loi qui brise le monopole de Bezeq.
Par la suite, Me Amit Haddad a interrogé Netanyahou sur les actions qu’il a menées pour faire vendre Walla! et sur la logique de vouloir que le site soit vendu si celui-ci lui accordait une couverture favorable. ”Evidemment que c’est contradictoire”, a déclaré Netanyahou.
Le Premier ministre a raconté que vers la fin 2013 il a parlé avec Elovitch de la vente du site Walla!: ”Cela venait de mon sentiment qu’il n’allait pas changer la composition du site, pas changer le personnel. J’ai pensé que cela valait la peine d’essayer, de trouver des acquéreurs qui partagent la même vision que moiet qui investiront dans l’Etat d’Israël en acquérant Walla!. J’ai demandé à en parler à des hommes à l’étranger. Le premier vers lequel je me suis tourné est Sheldon (Edelson). Je lui ai dit que le journal papier allait disparaitre et qu’il avait une opportunité pour racheter un site. Mais je me suis adressé à d’autres personnes aussi. J’ai aussi évoqué la possibilité de racheter Yediot Aharonot, Ynet, Maariv aussi je pense. Ce n’était pas spécifique à Elovitch”.
Me Haddad a ensuite interrogé Netanyahou sur ses demandes de couverture favorable et lui a demandé s’il agissait différemment des autres hommes publics sur ce plan. ”Toute personne publique en démocratie est intéressée à recevoir une couverture favorable sur ses actions et sa politique”, a indiqué Netanyahou, ”Et si elle a des adversaires, elle veut qu’ils reçoivent une couverture négative. Tout le monde fait ça”.
Me Haddad a montré qu’en janvier 2013, Netanyahou n’a eu aucun entretien avec Elovitch et plusieurs avec Edelson et le rédacteur en chef d’Israël Hayom de l’époque. Le Premier ministre a répondu qu’en effet, il a compris qu’il avait plus de chances d’être entendu auprès des propriétaires d’Israël Hayom.
L’audience qui a commencé à 14h30 s’est terminé un peu avant 20h. A la fin de l’audience, le Premier ministre a demandé à parler aux juges en privé.
Le témoignage de Netanyahou reprendra lundi prochain et se poursuivra mardi et mercredi.
LPH. COPYRIGHTS.
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