Partager :

Les Israéliens ont commencé à noter l’apparition du phénomène de « shrinkflation », qui consiste à réduire la taille des produits sans baisse proportionnelle des prix. Plutôt que de relever les prix, ce qui aurait pu faire baisser la demande de ces biens, les entreprises israéliennes ont préféré faire baisser la quantité de leurs biens en maintenant le prix identique, compensant ainsi les pertes économiques anticipées. Le Toblerone a ainsi été modifié de sorte à contenir moins de triangles de chocolat. Kleenex a réduit le nombre de mouchoirs dans ses boîtes…

La shrinkflation est une stratégie commerciale par laquelle, alors que la quantité de produit contenue dans un bien diminue, le prix du bien est stable ou augmente.

L’origine du concept est inconnue. Le terme est construit à partir de l’anglais to shrink, qui signifie « réduire », et « inflation ». La première utilisation du terme est inconnue ; il semble avoir été popularisé au début des années 2000.

Toutefois, les exemples empiriques abondent depuis les années 2000 dans le monde. En France, la Coca-Cola Company a fait baisser en 2018 le nombre de décilitres dans leurs bouteilles de Coca-Cola de 20 %, en faisant augmenter les prix, dans le but de compenser la taxe soda mise en place.

Le phénomène touche également fortement le Japon, dans un contexte de ralentissement économique et de yen faible qui réduit les marges des entreprises. Ces dernières, au lieu d’augmenter les prix, réduisent les portions. Du fait de l’augmentation de 50% du cours du cacao en 2014, la tablette de chocolat Meiji passe de 55 à 50 grammes la même année, avec un maintien du prix (105 yens).

Le Nouvel Économiste analyse la montée de la réduflation au Royaume-Uni comme une conséquence indirecte du Brexit, qui a fait plonger la livre sterling et a réduit les marges des entreprises.

Le sujet prenant de l’ampleur au Royaume-Uni dans les années 2010, l’Office national de la statistique du pays effectue chaque année une étude sur le phénomène de réduflation. L’étude de l’année 2016 révèle qu’il n’y a pas d’accélération particulière du phénomène après le Brexit, tout en évoquant une possible accélération du phénomène dans les années à venir pour compenser les pertes économiques liées à la sortie du marché commun.

 

Partager :