Pas un journal israélien qui ne parle pas du « Pont Poutine ». Symbole de l’annexion de la péninsule, le pont de Crimée a été endommagé samedi matin par une puissante explosion attribuée par Moscou à un camion piégé. L’édifice de 18 kilomètres de long, inauguré en grande pompe par Vladimir Poutine en 2018, est un axe stratégique pour les opérations militaires russes dans le sud de l’Ukraine.
Cette attaque, qui survient au lendemain du 70e anniversaire du président russe, est aussi un camouflet pour la Russie. Le Kremlin redoutait depuis longtemps une attaque surprise de cette infrastructure-clé.
« Il y a seulement 3 mois, la propagande russe affirmait que le pont de Crimée était impossible à attaquer en raison de 20 modes de protection différents qui le recouvraient, y compris des dauphins militaires […] Quel échec colossal », a ironisé ce samedi sur Twitter Elizabeth Tsurkov, chercheuse au Newlines Institute for Strategy and Policy. En mai dernier, un article du tabloïd Komsomolskaïa Pravda, ouvertement pro-Kremlin, listait les différentes couches de défense présentées comme « impénétrables » dont l’édifice bénéficie pour se prémunir d’une éventuelle d’attaque ukrainienne, qu’elle soit terrestre, maritime ou aérienne.
L’explosion est attribuée par Moscou à un camion piégé. La présidence ukrainienne a quant à elle suggéré qu’elle était plutôt le résultat d’une lutte interne dans les cercles du pouvoir à Moscou, assurant y voir une « piste russe » : le véhicule ayant explosé, étant entré sur le pont depuis le côté russe. A chaque embouchure du pont, des complexes radiotechniques d’inspection de type ST-6035 ont été installés, selon le média en ligne Nexta. Théoriquement, grâce aux rayons X et au spectre infrarouge, ces installations auraient dû être en mesure de détecter des traces d’explosifs ou de produits chimiques. Le Kremlin a annoncé samedi qu’une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur l’explosion, sans accuser dans l’immédiat l’Ukraine.
LE PLUS. Un important incendie, causé par l’explosion d’un véhicule piégé selon les autorités russes, a endommagé le pont qui relie la péninsule de Crimée, annexée en 2014, au territoire russe. Il s’agit d’un camouflet pour l’armée russe, au moment où elle enregistre depuis plusieurs semaines des revers militaires. « Ce genre d’acte de guerre ne reste pas impuni », estime Christophe Gomart, ancien directeur du renseignement français.
Laisser un commentaire