Yonathan Arfi, 42 ans, a été élu dès le premier tour ce dimanche 26 juin 2022 nouveau président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a annoncé l’institution.

Premier président du Crif à être quadragénaire et déjà membre de son bureau exécutif, M. Arfi dirige un groupe de sociétés actif dans le conseil aux entreprises et dans l’immobilier.

Il a été élu au premier tour par 149 voix contre 74 pour Ariel Amar, 57 ans, membre du bureau exécutif du Crif et président de l’Association France-Israël, a indiqué à l’AFP le directeur exécutif du Crif, Robert Ejnes. Il succède à Francis Kalifat, à la tête de cet organisme depuis huit ans, et prendra officiellement ses fonctions le 26 juillet.

« Il y a de l’émotion, mais il y a aussi la conscience des responsabilités qui pèsent sur le président du Crif dans une période particulièrement tourmentée sur le plan politique », a réagi M. Arfi auprès de l’AFP après son élection.

« On a une montée des extrêmes qui représentent un niveau de menace inédit pour les Juifs de France depuis quelques décennies, donc on a évidemment un Crif qui est le reflet de ces inquiétudes mais aussi de cette mobilisation », a-t-il ajouté.

« Affirmer la solidarité ».

Vitrine politique de la première population juive d’Europe (environ 500 000 personnes), le Crif rassemble quelque 70 associations, telles que le Fonds social juif unifié, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), l’Alliance israélite universelle, etc.

Il se fixe pour missions de « lutter contre l’antisémitisme », « préserver et transmettre la mémoire de la Shoah » et « affirmer la solidarité » de la communauté juive « avec Israël ».

Élevé dans une famille séfarade originaire d’Algérie et du Maroc, il passe son adolescence dans les Yvelines. Il adhère aux Éclaireurs israélites de France (association scoute), puis devient président de l’UEJF (2003-2005), membre du bureau exécutif du Crif en 2007, puis vice-président, depuis 2014 jusqu’à maintenant.

Parmi ses priorités, M. Arfi a indiqué à l’AFP vouloir « mener le combat contre l’antisémitisme évidemment, en essayant de faire entendre à la société française qu’au fond, ce qui menace les Juifs de France menace l’ensemble de la société ».

Il avait fait campagne en promettant plus d’ouverture du Crif aux sujets de société.

Des vidéos de sensibilisation.

Dans « le combat face à la haine des Juifs et d’Israël », il propose notamment d’« organiser une cellule riposte sur les réseaux sociaux » ou « produire des vidéos de sensibilisation », peut-on lire dans sa profession de foi.

Jugeant que « l’islamisme est aujourd’hui le terreau sur lequel pousse l’essentiel des passages à l’acte violents contre les Juifs », il revendique « la mise au ban en France de toutes les organisations se référant aux Frères musulmans », selon ce document.

Dans la droite ligne de son prédécesseur, il entend mener « avec fermeté le combat contre l’extrême-gauche » et dénonce également « l’extrême-droite », qui « ne sera jamais la solution aux problèmes des Juifs ».

« On voit deux blocs qui pour nous sont un sujet d’inquiétude : à la fois les 89 députés RN, mais aussi le bloc de députés LFI, qui pour nous représentent sur le plan politique une menace inédite. On n’a jamais eu affaire à des blocs extrémistes qui sont à ce niveau là de poids politique dans l’Assemblée », a-t-il exposé.

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