Lettre ouverte à L’attention des décisionnaires français qui ont écarté (partiellement) Israël d’Eurosatory.
Je vous écris en tant que citoyen attaché à l’amitié franco-israélienne — une amitié construite sur des décennies de coopération, de culture commune et de valeurs partagées.
Depuis plusieurs semaines, vos décisions s’accumulent : exclusion d’Israël de l’Eurosatory 2026, bannissement des officiels israéliens, interdiction des armes offensives israéliennes dans un salon où des pays autrement moins regardants sur les droits de l’homme exposent librement. Le message est clair. Le signal est fort. Il est négatif.
Permettez-nous de vous rappeler quelques faits.
L’armée française vole sur des drones israéliens — les Heron d’IAI. Les services de renseignement français coopèrent avec l’Unité 8200, l’une des structures cyber les plus avancées au monde, une coopération qui a contribué à protéger des citoyens français depuis les attentats de 2015. Les systèmes de Rafael et d’Elbit — que vous bannissez aujourd’hui d’Eurosatory — sont intégrés dans les doctrines de défense européennes, y compris la vôtre. Les technologies israéliennes ne sont pas développées en laboratoire : elles sont éprouvées en conditions réelles de combat.
En d’autres termes : vous tentez d’humiliez publiquement un partenaire stratégique dont vos propres forces armées dépendent. C’est un luxe que la France ne peut pas se permettre.
Messieurs les Conseillers, le Président s’est rendu au Mur des Lamentations lors de l’un des séjours en Israël. Debout face à ces pierres millénaires, le Président a vu de ses propres yeux ce que les mots ne peuvent pas toujours transmettre : l’attachement viscéral et indéfectible du peuple juif à cette terre. Les Juifs de France et ceux installés en Israël portent cet attachement en eux. Chaque acte anti-Israël du gouvernement français les blesse.
Sachez également ceci : faire plaisir au BDS en adoptant une attitude anti-Israël restera gravé dans les pierres de ce même mur.
Nous demandons donc :
De revenir sur la décision d’exclusion et de permettre à Israël de participer pleinement à Eurosatory 2026, comme tout partenaire démocratique le mérite.
De réaffirmer publiquement la solidité du partenariat franco-israélien — en actes, pas en communiqués.
De distinguer la politique de l’État d’Israël, que vous pouvez critiquer par voie diplomatique, des liens profonds qui unissent nos deux peuples et nos deux économies.
La France a toujours su se tenir droite quand cela comptait. Ce moment en est un.
Nous ne briserons pas cette relation binationale.
Mais nous refusons de la regarder s’effriter en silence.
Daniel Rouach, Professeur Emérite.
Chevalier de l’Ordre National du Mérite.
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