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Dubaï a décidé de se positionner pour devenir une plaque tournante mondiale de la tech et les Émirats favorisent la rencontre des talents. C’est la porte d’entrée de nombreux marchés et peu d’endroits dans le monde cumulent tant d’avantages ce qui fait que dans la région, Dubaï se classe maintenant en deuxième position derrière Tel-Aviv avec 755 millions de dollars injectés dans des start-up au premier semestre 2021, selon la plateforme de recherche Magnitt.

C’est surtout sa croissance qui explose : + 69 % (en valeur) par rapport à 2020, même si ce phénomène est en partie lié à l’énorme levée de fonds (415 millions de dollars) de Kitopi, concepteur de « cuisines partagées » ( « cloud kitchen » ) dans la région. Plus de 12 000 start-up ont été aidées depuis 2016, selon la Chambre de commerce.

L’écosystème manque pourtant encore de maturité mais la révolution est en marche : décidés à ne plus dépendre des hydrocarbures (30 % du PIB) et à diversifier leur économie, les EAU ont lancé dès 2014 une stratégie nationale pour l’innovation qui sert d’ossature à l’entrepreneuriat. La scène technologique a émergé ici avec l’e-commerce, les applications de livraison à domicile, mais les Émirats travaillent déjà sur des thèmes bien plus ambitieux : la conquête spatiale, les énergies du futur …

Pour réussir alors que les 50 ans de l’Émirat viennent d’être célébrés, l’attractivité a été poussée à l’extrême. Dubaï pratique un dumping fiscal décomplexé qu’il rattrape avec une fiscalité d’usage, car il n’y a pas un service qui n’a pas à être payé. Au sein des zones franches, les étrangers peuvent créer une entreprise, en détenir le capital sans recourir à un partenaire local. Les plus méritants ont même droit à des « Golden visas » de dix ans ; les plus fortunés se voient offrir la nationalité. Mais tout n’est pas parfait et les Émirats, qui se sont retrouvés sur la liste des paradis fiscaux, appliquent aux banques des règles de conformité très strictes qui génèrent de la bureaucratie.

Cet insolent succès a fini par excéder le voisin saoudien, qui tente lui aussi de sortir son économie de la rente des hydrocarbures (42 % du PIB). En février, Riyad a posé un ultimatum aux multinationales : ou elles installent leur siège en Arabie d’ici à 2024, ou les très lucratifs contrats publics leur passent sous le nez. « Même pour les start-up, la concurrence économique et technologique entre les Émirats et l’Arabie saoudite est là » , constate Walid Hanna. Le royaume, qui a démarré sa diversification économique plus tardivement avec le plan Vision 2030 en 2016, a assoupli ses règles sociales, modernisé ses structures économiques et décuplé les investissements technologiques.

Conscients du risque, les EAU misent sur leur « art de vivre » pour retenir ces talents. De ce point de vue, le succès de l’Exposition universelle 2020 les conforte. Un tour de force qui devrait encore faire grincer des dents du côté de l’Arabie saoudite..

Source : Le Figaro & Israël Valley (résumé)

 

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