Les projections du ministère israélien des Finances se sont réalisées, si l’on en croit le rapport annuel publié lundi par Dunn & Bradstreet. Avec 7% de croissance pour 2021, Israël dépasse même la moyenne mondiale de 5,9% prévue pour cette année. Seules l’Inde et la Chine font mieux, avec respectivement 9,5 et 8%. Déjà, le mois dernier, le Bureau Central des Statistiques avait constaté une hausse de 2,4% du PNB israélien pour le troisième trimestre, avec une progression de la consommation des ménages de 0,7% et surtout un bond des exportations de 7,5%.

Et ce sont les exportations dans tous les domaines qui ont progressé en 2021. Des diamants à l’agroalimentaire en passant par les produits manufacturés et surtout la haute technologie. Et ce, pour une raison simple : les services informatiques et le software n’ont pas souffert du ralentissement de l’activité économique causé par les confinements ou par les perturbations des chaines de production. Le personnel a pu continuer à travailler à distance et les produits virtuels n’ont pas été touchés par les problèmes de transport. Les ventes à l’étranger du secteur du high-tech n’ont pas souffert non plus de la hausse du shékel qui a pourtant affecté les autres secteurs d’export. Pour la première fois, les exportations de services ont d’ailleurs dépassé les exportations de marchandises.

C’est aussi le fait que les Israéliens n’aient pas eu à se remettre en confinement durant la quatrième vague de Covid, qui a permis à l’économie de continuer à fonctionner normalement depuis le milieu du premier trimestre. En novembre, l’agence de notation Standard and Poors avait d’ailleurs maintenu la notation souveraine AA- pour la santé financière israélienne avec une perspective de stabilité. Une notation justifiée par la solidité de l’économie et de sa diversification, et aussi par sa stabilité en dépit des risques stratégiques régionaux. L’agence de notation avait aussi salué le retour à la stabilité politique après deux années de crise parlementaire et le vote du budget comme prévu à la mi-novembre. Les autres atouts d’Israël résident évidemment dans son secteur high-tech, mais aussi ses ressources gazières, et enfin sur l’efficacité de sa politique vaccinale, mise en œuvre dès la fin décembre 2020, qui a largement contribué à remettre rapidement l’activité économique sur ses rails.

Cela dit, tous les secteurs de l’économie ne sont pas sortis du bois. Les secteurs de la restauration, des loisirs et du tourisme sont encore loin d’avoir récupéré et sont de nouveau les premiers impactés depuis l’arrivée du variant Omicron, qui a entrainé une nouvelle fermeture des frontières dès la fin novembre et depuis cette semaine les nouvelles restrictions qui entrent en vigueur pour l’accès aux commerces, sans compter les conditions d’isolement pour les cas contact au variant Omicron. Et les problèmes de pénurie qui perdurent et s’aggravent au niveau mondial, notamment pour les matières premières, vont aussi affecter l’économie israélienne en risquant de perturber ses capacités de production.

Mais pour l’instant, le constat à retenir, c’est qu’avec 7% de croissance, les performances de l’économie israélienne auront été meilleures que prévu.

Radio J.

Pascale Zonszain

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