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La réglementation sur l’usage du cannabis à des fins médicales en Israël est la première du genre au monde. La professeure Hinanit Koltai est chercheure en sciences végétales à l’Institut Volcani, centre de recherche du ministère de l’Agriculture, et conférencière à la Faculté des sciences de la vie à l’Université Bar Ilan.

Elle a confié son rêve et son espoir : faire aboutir ses recherches sur le cannabis médical, au bénéfice de notre santé.

Dans quel contexte avez-vous commencé à vous intéresser au cannabis médical ?

Pr Hilanit Koltai. Depuis vingt ans, nous nous penchons sur les vertus médicinales des plantes ; et il y a six ans, j’ai souhaité que mes recherches portent leurs fruits sous forme d’une substance médicale innovante au bénéfice de l’homme : le cannabis. Mon laboratoire a commencé à travailler dans cette direction.

C’était un défi : récupérer les informations issues de l’ethnobotanique, l’étude des relations entre l’homme et les plantes, et convertir cette étude, qui n’est pas toujours élaborée et rigoureuse, en langage scientifique. C’est ainsi que l’intérêt pour le cannabis a pris forme. J’ai alors découvert tout un monde nouveau de composants, d’activités, et des interactions ont vu le jour avec la société, le monde de la médecine, de la physique…

Nous avons également établi des liens avec différents ministères : le ministère de la Justice, le ministère de l’Intérieur, et bien entendu le ministère de la Santé. Tout cela s’est révélé très enrichissant.

N’est-ce pas un Israélien, le professeur Raphael Mechoulam, qui a été le premier à découvrir, les vertus de certains composants du cannabis ?

H.K. En effet, il y a une cinquantaine d’années, Raphael Mechoulam a découvert les premières vertus médicinales du cannabis, et ses travaux ont contribué à révéler au monde les propriétés de deux de ses composants. Mais j’ai constaté qu’il ne travaillait que sur une partie de la plante, et non sur la totalité.

Personne, à l’époque, ne s’était posé la question de savoir quelle sorte de composant était efficace pour quel type de symptôme, quel type de maladie.

Nous avons découvert qu’utiliser toute la fleur est plus efficace que d’en utiliser seulement un composant.

Quelles sont les propriétés de ces composants ?

H.K. En entamant nos recherches, nous ne nous sommes pas focalisés sur les deux principaux composants du cannabis, le THC et le CBD. La question était : parmi 500 composants, quelles combinaisons de quels composants sont actives ? Dans les multiples études que nous avons réalisées, il s’est avéré que différentes combinaisons correspondent à différents traitements. C’est là que réside l’efficacité du cannabis, qui possède des vertus médicinales pour des patients atteints de douleurs chroniques, de spasmes liés à une sclérose en plaques, de nausées ou d’un manque d’appétit dû au sida ou à un cancer.

Cela signifie donc que le cannabis serait un remède pour toutes sortes de maladies ?

H.K. Exactement. Mais son efficacité réside dans la juste combinaison de ses composants. On peut imaginer le cannabis comme un gros bloc de legos, que l’on peut assembler différemment à son gré.

LPH (Copyrights).

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