EDITORIAL. Bibi est en colère. Le Premier ministre israélien a qualifié ce mercredi 26 mai de “leçon de morale hypocrite et mensongère” les déclarations du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian sur un possible “risque d’apartheid” en Israël.
Jusqu’à présent, durant la guerre Hamas-Israël, le PM israélien n’avait jamais attaqué la France en frontal même lorsque le Premier ministre français avait « oublié » de parler des tirs de missiles du Hamas sur Israël à l’Assemblée Nationale.
L’utilisation du mot « apartheid”, injuste, diffamante, concernant l’Etat d’Israël par Le Drian est une ligne rouge qui énerve toute la classe politique du pays. Pas uniquement Bibi et le Likoud.
En fait les attaques brutales (très rares) venant de Bibi, car la France est en forte position au Conseil de Sécurité de l’ONU) sont indirectement adressées au Président Emmanuel Macron qui… soutien ouvertement Yaïr Lapid (Chef de l’opposition en Israël) depuis des années.
Yaïr Lapid se trouve dans une position difficile dans la construction d’un Gouvernement en Israël. Sur le compte instagram de Yair Lapid, Emmanuel Macron est en très bonne place (Les deux leaders ne cachent pas une certaine proximité). Ce qui n’est pas du tout le cas de Emmanuel Macron dans l’instagram (très actif) de Bibi Netanyahou.
Netanyahou connait bien le mode de fonctionnement de la politique en France. Le domaine des affaires internationales est la chasse gardée du Président. Ne voulant pas attaquer de front le Président français, Bibi s’attaque ainsi à son Chef de la diplomatie qui possède une liberté de parole assez limitée.
(Daniel Rouach. Cet éditorial, écrit en toute liberté de parole, et dans un contexte conflictuel France-Israël, n’engage bien sur que son auteur!)
Selon (1) : « Revenant sur des violences récentes entre Israéliens et Palestiniens, et sur les tensions dans des villes mixtes israéliennes, Jean-Yves Le Drian a mis en garde dimanche contre un “risque d’apartheid” si aucun État palestinien ne voyait le jour aux côtés d’Israël.
“Si d’aventure on avait une autre solution que la solution à deux États, on aurait alors les ingrédients d’un apartheid qui durerait longtemps”, avait affirmé le ministre au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI. “Le risque d’apartheid est fort si on continue à aller dans une logique à un État ou du statu quo. Même le statu quo produit cela”, avait ajouté le chef de la diplomatie française.
Mais mercredi, dans un discours dont des extraits ont été transmis par ses services à la presse, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fustigé le ministre Le Drian, disant exprimer “sa vive protestation” au gouvernement français.
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