De nombreux économistes israéliens observent avec stupéfaction le mouvement des gilets jaunes et son ‘impact sur l’économie française. Alors où en est-on?
SELON LE FIGARO. L’Insee table sur une croissance de 1,5 % en 2018. 2019 s’annonce du même acabit, malgré le soutien de la consommation. En plein mouvement des «gilets jaunes», l’Insee a bouclé sur les chapeaux de roues sa traditionnelle note de conjoncture. Sans pouvoir mesurer l’ampleur exacte de la crise ni l’étendue de la réponse gouvernementale, les économistes de la maison ont tenté d’intégrer ces éléments dans leurs prévisions. Selon l’institution, les blocages coûteraient 0,1 point de croissance au pays sur le dernier trimestre. Le mouvement social et la détérioration du climat des affaires, qui a débuté avant la crise, limiteraient alors la croissance du produit intérieur brut (PIB) à 0,2 % sur les trois derniers mois de l’année.Baisse du chômage
Suite à cette piètre performance et à des révisions de chiffres antérieurs, l’Insee a abaissé sa prévision de croissance, pour l’établir à 1,5 % pour 2018, après 2,3 % en 2017. Un coup dur pour l’État qui misait gros sur les mesures de pouvoir d’achat de fin d’année (diminution de la taxe d’habitation et baisse des cotisations salariales) pour soutenir l’activité. L’Insee mesure bien l’impact de ces dispositifs, passés quasiment inaperçus avec la crise des «gilets jaunes»: au dernier trimestre, le pouvoir d’achat des ménages augmenterait de 1,3 %. Mais, faute de confiance, la consommation en profiterait peu (+ 0,2%). À 15,6 % fin 2018, le taux d’épargne se rapprocherait en revanche des records enregistrés entre 2010 et 2011. L’institut n’est pas tellement plus optimiste pour la suite. La nouvelle injection massive de pouvoir d’achat opérée par le gouvernement, avec les 10 milliards d’euros de mesures Macron, permettrait à la demande intérieure de soutenir la croissance, mais sans brio. L’Insee table sur une progression de l’activité de 0,4 % au premier trimestre et de 0,3 % au deuxième, sur fond de consommation plus dynamique: + 0,7 % puis + 0,5 %. L’investissement des entreprises se maintiendrait aussi à un rythme honorable, avec + 0,6 % aux deux trimestres. Dans ces conditions, le chômage poursuivrait sa lente décrue. Les créations d’emploi dépassant les entrées sur le marché du travail, il s’établirait fin juin 2019 à 9 %, contre 9,1 % un an plus tôt. Selon l’Insee, la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de cotisations sociales au 1er janvier 2019 créerait environ 50.000 emplois en moyenne en 2019-2021.LE PLUS. SELON XERFI. Retour en arrière sur les erreurs de politique économique en France depuis 2008, point de départ de la grande récession et qui ont abouti à ces résultats calamiteux : un taux de croissance annuel moyen tombé en dessous de 1%, contre 1,3% au Royaume-Uni ou en Allemagne et un nombre de chômeurs en hausse de 565 000 personnes quand il a baissé de plus de 400 000 côté britannique et de 1,5 million côté allemand. Plutôt que d’égrainer les erreurs successives, il est préférable de les catégorisées. Trois types d’erreurs fondamentales se dégagent : erreurs de stratégie, erreurs de diagnostic, erreurs de timing.
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