Seul Yaïr Golan, le chef de la gauche israélienne, a lancé un appel à s’allier avec les partis arabes israéliens. « Nous avons une majorité. Nous avons une responsabilité. Et nous avons l’opportunité de former un gouvernement de changement en partenariat avec les citoyens arabes d’Israël », a-t-il écrit sur X.

Gadi Eisenkot a toujours été clair sur sa volonté de faire sans eux. Comme le rappelle Libération, l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, à la tête du parti laïc et centriste Ensemble, a déjà travaillé à leurs côtés en 2021, mais a exclu cette possibilité depuis l’attaque du 7 octobre. Même positionnement pour le nationaliste laïc Avigdor Lieberman.

Sans une telle alliance, la situation a, pour l’instant, des airs d’impasse, souligne Ilana Shpaizman, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’Université Bar-Ilan, auprès de l’AFP. « Netanyahu n’a aucun moyen de former un gouvernement » avec ses alliés actuels, et le bloc de Gadi Eisenkot devra « soit former un gouvernement avec les partis arabes, soit établir un gouvernement minoritaire », deux options jusque-là rejetées par le camp de l’opposition, précise-t-elle.

Au président d’Israël de jouer

Un homme pourrait avoir un rôle à jouer : Isaac Herzog, le président d’Israël, qui pourrait charger Netanyahu de former une nouvelle coalition et plaider en faveur d’un gouvernement d’union. « Je ferai vraiment, mais vraiment tout pour qu’il n’y ait pas de nouvelles élections à répétition », avait-il expliqué en octobre, comme le rappelle Le Monde. Difficile d’estimer l’influence réelle qu’il pourrait avoir.

Autre hypothèse avancée par Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos BVA, sur son compte X : que Netanyahu réussisse à rallier à sa cause Bennett et/ou Lieberman. Scénario encore plus improbable, mais qui pourrait offrir une solution : que le Likoud se déleste de Netanyahu, ce qui permettrait de rallier à sa cause Yashar et potentiellement Bennett, créant ainsi une majorité.

Raison de ce désordre ? Une campagne trop centrée sur Netanyahu et pas assez sur de vraies mesures. « Le seul slogan, c’était tous contre Bibi », estime Vincent Lemire. Eisenkot et les partis de gauche n’ont « pas réussi à faire de campagne positive pour le pouvoir d’achat ou pour la conscription des ultra-orthodoxes, ou pour une perspective politique avec les Palestiniens. »

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