La défaite de Flávio Bolsonaro au Brésil et celle du camp d’Aleksandar Vučić en Serbie contrarient les espoirs diplomatiques israéliens, àJérusalem, l’inquiétude porte surtout sur l’avenir du partenariat militaire avec Belgrade.
Au Brésil, c’est d’abord une occasion manquée. Flávio Bolsonaro avait promis de transférer l’ambassade à Jérusalem et de renforcer la coopération diplomatique et militaire. Il comptait même recevoir les lettres de créance de l’ambassadeur israélien dès son premier jour au pouvoir.
La réélection de Lula prolonge au contraire une relation déjà profondément dégradée. Le président brésilien avait été déclaré persona non grata en Israël après ses propos comparant la guerre à Gaza à la Shoah. Les deux pays n’ont plus d’ambassadeurs dans leurs représentations respectives. Le soutien public de Netanyahou à Bolsonaro a encore accentué la rupture entre les deux dirigeants.
Avec la Serbie, des intérêts militaires en jeu
Le revers serbe touche une coopération bien plus concrète. Sous Vučić, Belgrade est devenu un partenaire important d’Israël dans le domaine de la défense. Une usine d’assemblage de drones israéliens a ouvert en septembre en partenariat avec Elbit.
Pendant la guerre contre le Hamas et le Hezbollah, la Serbie a également fourni d’importantes quantités de munitions à Israël, par un pont aérien destiné à répondre aux besoins de Tsahal. Ces livraisons ont pris une importance particulière lorsque d’autres pays ont imposé des restrictions sur leurs exportations d’armes.
L’avenir de cette coopération reste incertain. La position de la liste étudiante victorieuse à l’égard d’Israël n’est pas encore claire, et les contrats existants ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Mais un rapprochement avec l’Union européenne pourrait conduire Belgrade à adopter une ligne plus critique sur le conflit israélo-palestinien.
Lapid et Saar s’affrontent
Ces défaites ont aussitôt nourri la polémique en Israël. Yaïr Lapid a évoqué « deux autres proches de Netanyahou » battus grâce à une forte participation. Il a ensuite précisé qu’il regrettait la victoire de Lula et soutenait toujours le candidat pro-israélien, tout en affirmant qu’être proche du Premier ministre était devenu « un handicap politique partout dans le monde ».
Gideon Saar lui a vivement répondu. Le ministre des Affaires étrangères a reproché au chef de l’opposition de réduire « deux immenses amis d’Israël » à leur proximité avec Netanyahou et de tourner le dos aux soutiens du pays.
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