Devant les Nations unies, Trump menace d’“anéantir” l’Iran et rejette les appels à contrôler l’IA
Dans son adresse à l’Assemblée générale de l’ONU, le président des États-Unis a alterné entre l’autosatisfaction et le dénigrement, visant en particulier la Cour pénale internationale. Il a défendu sa ligne mordicus, notamment concernant l’intelligence artificielle, qu’il refuse résolument d’encadrer.
“Un chef d’État qui menace, depuis la tribune des Nations unies, de rayer de la carte un pays tout entier” : c’est ce moment frappant et “troublant” que retient surtout The New York Times de l’allocution de Donald Trump, mardi 22 septembre, à l’Assemblée générale des Nations unies.
“J’ai une grande décision à prendre”, a déclaré à New York le président des États-Unis : soit conclure un accord avec l’Iran, soit “anéantir la République islamique, et vite, de sorte à ne plus jamais leur laisser l’occasion de tuer des gens et de détruire des pays”. Une rhétorique apocalyptique qu’il avait déjà employée, mais pas dans ce cadre.
Un marché serait toutefois possible, a-t-il assuré, après les élections de mi-mandat. Des élections que Téhéran scrute attentivement, a-t-il reconnu, tout en rappelant que lui-même n’y était pas candidat.
“Le butin appartient au vainqueur”
Dans son discours, Trump a alterné entre l’autosatisfaction et les attaques féroces contre plusieurs pays et institutions, résume le New York Times. Il a “défendu ses choix, difficiles mais nécessaires selon lui, en se présentant […] comme un homme d’action qui avait fait la paix, paré aux menaces”, explique The Wall Street Journal. Le tout, pour le plus grand bénéfice de son propre pays.
“Le butin appartient au vainqueur”, a-t-il revendiqué sans vergogne à propos du Venezuela, dont les ressources pétrolières sont désormais largement contrôlées par Washington. Trump s’est targué, une fois de plus, d’avoir “fait la paix”, y compris dans la bande de Gaza (malgré les grandes difficultés du “plan Trump”) et bientôt, a-t-il assuré, entre l’Ukraine et la Russie.
Il a dénigré la Cour pénale internationale et appelé l’ensemble des États à quitter une “institution hors de contrôle”. Il s’en est pris à Cuba ainsi qu’aux cartels latino-américains qu’il a comparés à l’État islamique, défendant les bombardements d’embarcations dans les Caraïbes et dans le Pacifique. Et il a balayé les appels à un effort coordonné pour contrôler le développement de l’intelligence artificielle, qu’il a proposé d’appeler plutôt “superintelligence”, “SI” au lieu d’“IA”, car “ça sonne beaucoup mieux”.
Les États-Unis “rejettent toute tentative d’ériger une machinerie mondialiste pour contrôler l’intelligence artificielle”, a déclaré le président. “Nous allons l’encourager, pas la brider.”
Un accord sur le Groenland
Donald Trump a montré de bien meilleures dispositions envers la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, et le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen. Comme il l’a évoqué dans son discours, un accord de sécurité a été signé mardi avec le Groenland et le Danemark. D’après le président des États-Unis, Washington va construire deux très grandes bases militaires au Groenland.
Malgré tout, conclut le Wall Street Journal, “son programme fourni de rencontres et de conversations en marge de l’Assemblée générale va mettre en évidence le résultat inachevé de ses initiatives et mettre à l’épreuve son image de faiseur de paix”.
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