Les discussions entre les États-Unis et l’Iran piétinent, a indiqué une source proche des négociations à i24NEWS, en décalage avec les déclarations plus optimistes du président américain Donald Trump. « Les choses avancent très lentement », a confié ce responsable, alors qu’aucune rencontre officielle entre hauts responsables des deux pays n’a encore été fixée.

La veille, Donald Trump avait pourtant affirmé que « contrairement aux fake news, les discussions progressent très bien », tout en annonçant avoir décidé de repousser de dix jours un ultimatum adressé à Téhéran, afin de laisser une chance aux négociations, à la suite d’une demande iranienne selon lui.

Cependant, plusieurs médiateurs impliqués dans les pourparlers ont livré une lecture différente de la situation. Selon eux, Téhéran n’a pas demandé de trêve de dix jours concernant ses infrastructures énergétiques et n’a toujours pas donné de réponse définitive au plan en 15 points de Trump visant à mettre fin au conflit, comme l’a rapporté le Wall Street Journal.

Dans ce contexte, le Qatar tente de jouer un rôle de médiateur. Son Premier ministre s’est rendu à Washington pour rencontrer des responsables de l’administration Trump, a également indiqué une autre source à i24NEWS. Doha se distingue ainsi des autres pays du Golfe, qui soutiennent majoritairement la poursuite des frappes contre l’Iran, en cherchant à favoriser une issue diplomatique à la guerre.

LE PLUS. DANS NOS ARCHIVES. Doha reçoit du monde. Ce petit pays compte moins de 400.000 nationaux, auxquels il faut ajouter, suivant les besoins de main-d’oeuvre, 2 à 2,5 millions de résidents étrangers.

L’émirat rêve pourtant de devenir durablement une vraie destination, d’affirmer sa culture plus authentique – comprendre, plus authentique que le voisin bling-bling Dubaï. Pour atteindre cet objectif, il devra être patient et accélérer sérieusement ses efforts d’ouverture. Car pour le moment, il n’est qu’une escale, un « stop-over » d’un à trois jours. Son tourisme, très récent, dépend essentiellement du fleuron du pays : Qatar Airways, dont la business class est régulièrement classée au premier rang mondial. Très agréable aussi en classe éco, la compagnie séduit, au départ de Paris, les voyageurs en partance pour le Moyen-Orient, mais aussi l’Asie ou le Pacifique… avec une escale à Doha. Le sort de l’activité touristique est si lié au trafic de la compagnie que le patron de Qatar Airways dirige aussi l’office du tourisme Visit Qatar ! Alors, si vous êtes curieux et si vous souhaitez vous faire votre propre avis sur cet émirat aussi riche que critiqué, voici cinq raisons d’y faire étape.

À peine arrivé à Doha, on est saisi par la modernité de la ville et de son architecture. La capitale de ce petit pays – à peine plus de 10.000 km2, l’équivalent du département des Landes – s’est totalement transformée en dix ans. Pour la Coupe du monde, huit stades un peu fous ont été bâtis, avec des clins d’oeil appuyés à la culture de l’émirat. Le stade Al-Bayt, où s’est déroulé le match d’ouverture, a été construit en forme de tente bédouine traditionnelle. Le design de celui de Lusail, où se jouera la finale, évoque un bol en cuivre, celui que les Qatariens tendent, rempli de dattes, à leurs invités. Un autre, le Ras Abu Aboud, symbolise le nombre 974, à savoir l’indicatif téléphonique du pays : il se compose de 974 conteneurs, qui seront démontés et réutilisés après la compétition. Les bâtiments hors normes ne se limitent pas à ces enceintes sportives flambant neuves.

La Torch Doha Tower, dessinée par Hadi Simaan.
La Torch Doha Tower, dessinée par Hadi Simaan.Qatar Tourism

Devant l’hôpital Sidra trône une oeuvre monumentale de Damien Hirst, d’un goût très particulier : un Voyage miraculeux, constitué de 14 bronzes qui représentent la croissance d’un foetus dans un utérus. Plusieurs tours imposantes s’offrent à la vue des visiteurs (qui rivalisent avec celles de Dubaï), comme la Doha Tower de Jean Nouvel, en forme de tube d’acier, ou la Torch Doha Tower (ou Aspire Tower) dessinée par Hadi Simaan, haute comme la tour Eiffel et dotée à mi-hauteur d’une piscine proéminente. Véritable splendeur architecturale, le Musée national du Qatar (voir ci-dessous) se compose de disques en porte-à-faux qui forment une rose des sables si gigantesque que l’on peut l’apercevoir dès l’atterrissage à l’aéroport Hamad.

2. Pour ses étonnants musées

Au-delà de la prouesse de son génial concepteur, Jean Nouvel, ce Musée national du Qatar est bien l’une des curiosités de la capitale. Il a été inauguré en 2019 par l’émir Tamim ben Hamad Al Thani, tout près du palais de son père et prédécesseur. Dehors, un bassin géant est jonché de 114 fontaines signées Jean-Michel Othoniel.

Le Musée national du Qatar, conçu par Jean Nouvel comme une immense rose des sables.
Le Musée national du Qatar, conçu par Jean Nouvel comme une immense rose des sables.Qatar Tourism

Dedans, avec ses installations et ses technologies immersives, il met en scène le « récit national », en remontant très loin (géologie, populations tribales, naissance des premières cités, etc.). Le Musée d’art islamique, dessiné par Pei (décédé en 2019), mérite aussi d’y passer quelques heures : dans une obscurité très étudiée, vous pourrez découvrir une vaste collection d’oeuvres islamiques datant du VIIe au XIXe siècle.

Le Musée d'art islamique dessiné par Ieoh Ming Pei.
Le Musée d’art islamique dessiné par Ieoh Ming Pei.Qatar Tourism

Plus baroque, le musée Sheikh Faisal Bin Qassim Al Thani est susceptible de vous faire sourire, ou d’amuser vos enfants : il présente la collection privée d’un homme d’affaires, cousin de l’émir, qu’il a ouverte au public en 2018. Dans sa propriété où se promènent des autruches et des oryx, il expose des objets en tout genre : voitures des années 1950, pirogues anciennes, objets liés à la princesse Diana (le propriétaire en était fan) ou à Saddam Hussein, tapis, tableaux, objets de culte de toutes les religions, y compris le judaïsme…

Le musée Sheikh Faisal Bin Qassim Al Thani.
Le musée Sheikh Faisal Bin Qassim Al Thani.Qatar Tourism

3. Pour son urbanisme ultramoderne

Une fois la Coupe du monde terminée, les rues de Doha retrouveront leur calme et la ville son organisation policée, qui est souvent le propre des régimes sévères (les excès de vitesse, par exemple, sont lourdement sanctionnés). Dans cette « smart city » aux ambitions écologiques qui font parfois sourire – comme lorsque l’on se promène dans une allée climatisée en plein air -, les gratte-ciel n’ont rien à envier à ceux de New York. Des bulles de nature ont toutefois été créées dans plusieurs quartiers. Dans le Parc Aspire, on peut faire du running autour d’un petit lac… artificiel, comme les collines alentour !

4. Pour ses restaurants et ses hôtels à tous les prix

La gastronomie, au départ, n’est pas le point fort de l’émirat. Surtout si vous rêvez de découvrir la cuisine locale. Peuple du désert, les Qatariens comme leurs voisins se sont longtemps nourris comme ils pouvaient, essentiellement de riz et de viande (de chameau) agrémentés d’épices indiennes. Aujourd’hui, seule une poignée de spécialités vraiment locales sont disponibles, comme le salouna, une bouillie de viande d’agneau ou de boeuf aux herbes et épices, ou côté desserts le oum ali, des gâteaux pilés façon pudding baignés dans du lait chaud et recouvert de fruits secs. On pourra s’abstenir.

À Doha, les plaisirs du palais sont plutôt à dénicher dans la rue (les échoppes indiennes, très nombreuses, proposent une excellente cuisine de rue, chappatis fourrés ou brochettes parfumées) et dans les restaurants de spécialités étrangères. L’un de nos préférés : le Parisa, un restaurant iranien installé au souk Waqif (voir plus bas), au décor éblouissant et aux goûteuses grillades accompagnées d’un fantastique riz safrané. Autre bonne table, le Marsa, dans le quartier Katara, sert des spécialités d’inspiration libanaise, avec une belle vue sur la baie. Au premier étage de l’hôtel InterContinental The City, installé dans le quartier des affaires, le restaurant Prime propose ses viandes d’exception (black angus, wagyu) cuites à la perfection par un chef sud-africain. Au Musée d’art islamique, les gourmets pourront dîner au restaurant Alain Ducasse. Le Buddha Bar du Ritz-Carlton, rebaptisé B-Lounge, propose une délicieuse cuisine fusion avec vue sur la mer.

Vue de la mosquée du quartier Katara, de l'architecte turque Zeynep Fadilloglu.
Vue de la mosquée du quartier Katara, de l’architecte turque Zeynep Fadilloglu.Qatar Tourism

Quant à l’offre hôtelière, elle est très large, de l’établissement tout simple aux super luxueux, comme le Fairmont et le Raffles situés dans les Katara Towers en forme de sabres traditionnels qatariens, en passant par ceux des grandes enseignes hôtelières. Au passage, précisons que dans les hôtels internationaux, les visiteurs peuvent s’affranchir des règles qui s’imposent à l’extérieur, c’est-à-dire consommer de l’alcool ou, pour les femmes, se baigner en bikini à la piscine. À noter aussi, les chambres sont beaucoup moins chères lorsqu’elles sont réservées via Qatar Airways, dans le cadre d’un stop over.

5. Pour flâner et faire du shopping

Si l’on exclut la période estivale caniculaire (juin à septembre), on peut se promener à Doha ! Pas la peine, à notre avis, de perdre votre temps au centre commercial Villagio, avec son bassin, ses petits canaux intérieurs façon Venise et ses gondoles en modèles réduits.

Le centre commercial Villaggio, inspiré de Venise.
Le centre commercial Villaggio, inspiré de Venise.Jan Richard Heinicke/LAIF-REA

En revanche, le quartier Katara, avec sa belle mosquée et ses magasins de luxe, se prête au shopping. Les Qatariens y boivent un thé en fin d’après-midi. Mais au cours de vos flâneries, vous en croiserez très peu : reconnaissables immédiatement à leur tenue (la longue chemise thobe pour les hommes, l’abaya pour les femmes), ils ne représentent que 10 % de la population et se mélangent rarement aux autres communautés. Ne manquez pas, enfin, le souk Waqif, installé dans une halle moderne reconstruite sur le lieu de l’ancien souk devenu insalubre. C’est sans doute l’un des lieux les plus agréables pour faire des emplettes, acheter des pignons ou des pistaches, boire un thé, s’offrir une galette confectionnée sur place dans de petites échoppes…

Laurent Guez

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