Editorial. La campagne électorale “la plus immonde de l’histoire d’Israël”. C’est le titre d’un article trompeur publié dans Courrier International. Tous les moyens sont bons pour les éditeurs de trouver un angle de critiques de l’Etat d’Israël qui est totalemnt déplacé.
La force d’Israël c’est sa démocratie. Tous les jours des débats ont lieu. Aucun candidat n’a été criblé de balles. Dans un pays ou circule un nombre d’armes incroyable, c’est un vrai miracle.
Dans un climat de guerre en Ukraine les élections depuis bien longtemps sont supprimées… et personne ne s’en étonne.
Au Moyen-Orient l’Egypte a des élections truquées.
En Israël, la Commission électorale fait son travail de manière impartiale. Et Israël est exemplaire en matière de respect des minorités.
La coalition au pouvoir en Israël a bien compris qu’au moindre trucage des élections, les conséquences pourraient être diaboliques.
La campagne n’est pas immonde. Pas plus sale qu’en France.
Les israéliens se fixent des lignes rouges a ne pas dépasser. (DR)
À moins de deux mois des élections législatives, les mauvais sondages et l’émergence de concurrents à droite mettent le camp du Premier ministre Benyamin Nétanyahou sous pression. Pour tenter de renverser la vapeur, le chef du gouvernement sortant, débordé à l’extrême droite par ses propres alliés et de nombreux candidats, durcit son discours.
« C’est la campagne la plus immonde de l’histoire de l’État d’Israël”, écrit le journaliste Nadav Eyal dans le quotidien Yediot Aharonot.
Ces derniers jours, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et sa femme, Sara, ont multiplié les déclarations aux accents complotistes autour des attaques sans précédent du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas sur le sol israélien, à propos desquelles le chef du gouvernement se défend de toute responsabilité.
La “bombe puante des théories de la trahison” est dégainée alors que le chef du gouvernement israélien et le Likoud, qu’il dirige, sont en difficulté dans les sondages et mis sous pression par l’extrême droite.
Le “but contre son camp” de Sara Nétanyahou
Dans une interview accordée le 31 août à Channel 14, chaîne d’information privée proche du gouvernement, Sara Nétanyahou a laissé entendre que le chef du parti d’opposition Les Démocrates (gauche), l’ancien général Yaïr Golan, avait été informé de l’attaque du Hamas avant son mari et qu’il était, dès le matin du 7 octobre 2023, “habillé et prêt” à partir au combat.
Une déclaration qui a déclenché un tollé, car Yaïr Golan s’est illustré ce jour-là en se rendant de son propre chef sur les lieux de l’attaque, où il a secouru plusieurs personnes.
« De nombreux Israéliens, de droite comme de gauche, ont vécu et vu de leurs propres yeux l’héroïsme de Yaïr Golan le 7 Octobre”, écrit Nadav Eyal, qui y voit “un but contre son camp pour le Likoud et Nétanyahou”. “Sara Nétanyahou nous a rendu un immense service”, affirment des responsables démocrates au quotidien de gauche Ha’Aretz.
Une sortie qui a obligé le Premier ministre à réagir, en assurant qu’il n’y avait pas eu de “trahison” le 7 Octobre, mais un “échec” et une “mauvaise évaluation” de l’armée et des services de renseignements.
La majorité sortante décroche dans les sondages
Ce durcissement de la campagne témoigne de l’inquiétude du camp Nétanyahou à moins de deux mois des élections législatives, prévues pour le 27 octobre.
Selon une enquête publiée ce 2 septembre par le quotidien Maariv, Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée désormais à la tête du parti Yashar (“Droit”, en hébreu) confirme sa percée. Sa formation arrive en tête avec 24 sièges, devant le Likoud, crédité de 22 sièges.
Surtout, le bloc gouvernemental sortant plafonne à 49 sièges – loin des 61 nécessaires pour obtenir une majorité à la Knesset – contre 58 pour l’opposition, tandis que les partis arabes obtiendraient 13 sièges. À cela s’ajoute le fait que le Premier ministre est fortement bousculé à sa droite.
Ben Gvir inquiète Nétanyahou
En effet, Benyamin Nétanyahou doit d’abord composer avec l’autonomie croissante de son propre ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, chef du parti d’extrême droite Otzma Yehudit (“Force juive”, en hébreu).
Le Premier ministre cherche notamment à le convaincre de s’allier – comme lors des dernières élections – avec Bezalel Smotrich, aujourd’hui ministre des Finances, dont le parti risque de ne pas franchir le seuil électoral et de faire perdre des dizaines de milliers de voix à la droite. C’est dans ce contexte que Zvi Sukkot, un député du parti, a fait le buzz en saccageant à la masse, la semaine dernière, un monument à la mémoire de “martyrs” palestiniens à Madama, en Cisjordanie.
Mais Ben Gvir refuse et accuse Nétanyahou de vouloir “un Otzma Yehudit faible, afin de gouverner avec Eisenkot”.
Une façon d’installer une sorte de duel avec Nétanyahou. La semaine dernière, Ben Gvir a ainsi cherché à se réapproprier un “symbole fort de la droite la plus dure”, à savoir l’héritage de l’Altalena, un navire de la milice sioniste Irgoun coulé en 1948 sur ordre de David Ben Gourion, écrit le site The Times of Israel.
Ofer Winter, un “cheval de Troie”
De plus, Nétanyahou doit également composer avec Ofer Winter, ancien général et figure de la droite nationaliste et religieuse, qui a lancé fin août son propre parti, Amcha Yisrael (“Ton peuple, Israël”) en se présentant comme l’incarnation d’un renouvellement politique après le 7 Octobre.
Pour le Yediot Aharonot, Winter représente une menace pour Benyamin Nétanyahou, précisément parce qu’il est difficile à contrôler et qu’il peut séduire un électorat de droite. Même s’il assure qu’il soutiendrait un retour du Premier ministre à la tête du gouvernement, son ambiguïté nourrit la méfiance du chef du Likoud, qui redoute que Winter ne devienne un “cheval de Troie” susceptible, après les élections, de se rapprocher de l’opposition.
Face à ce paysage à droite, Nétanyahou en appelle désormais aux élections. Et pour ce faire, chose rare, il s’est rendu sur le plateau d’un talk-show très prisé à droite pour une interview en direct. “Faute d’alternative, Nétanyahou va [sur le plateau] des Patriotes, sur la chaîne 14, à la recherche d’un public qui l’aidera à imposer une large union à droite afin de ne pas perdre les élections”, analyse Zman Israel, version en hébreu du Times of Israel.
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