En prévision d’éventuelles attaques, plusieurs villes ont rouvert leurs abris anti-bombes municipaux, lesquels avaient été fermés peu après le cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 17 juin. Jusqu’à présent, le Commandement du Front intérieur, chargé d’indiquer aux civils comment se protéger en cas de crise, n’a pas émis de nouvelles instructions spécifiques.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé vendredi qu’il s’envolerait lundi pour les États-Unis pour y rencontrer le président Donald Trump. Une annonce qui a alimenté les spéculations quant à un éventuel recul de la menace d’une frappe iranienne.
Les États-Unis et l’Iran ont repris les hostilités il y a deux semaines. Le Commandement central américain a mené, dans la nuit de jeudi à vendredi, sa 13e nuit consécutive de frappes contre l’Iran. Ce dernier a riposté, dans la matinée de vendredi, en lançant des drones contre des cibles militaires américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie.
L’Iran et les États-Unis ont tous deux des raisons de maintenir Israël à l’écart, alors même que les responsables israéliens soulignent que la guerre n’a pas, selon eux, fait reculer la menace nucléaire iranienne. L’Iran, pour sa part, est conscient que s’en prendre à Israël entraînerait une escalade du conflit, et Trump, quant à lui, tente de maintenir sa campagne contre l’Iran, malgré un soutien déclinant de l’opinion publique en faveur d’Israël.
Pour les Israéliens, cette situation a plongé le pays dans un climat d’attente, semblable à celui qui régnait à la veille de la guerre en février.
À présent, Téhéran a annoncé que si les États-Unis intensifiaient leurs frappes sur le pays, il riposterait en visant Israël. Alors que de nouvelles attaques américaines sont attendues et que des représailles iraniennes semblent inévitables, avec pour objectif de faire payer un prix toujours plus élevé à chaque nouvelle escalade, les analystes et responsables israéliens s’accordent de plus en plus à penser qu’Israël risque d’être à nouveau entraîné dans les combats.
« Je sentais vraiment que ça allait arriver à Tisha BeAv », a déclaré Dorit, qui a souhaité préserver son anonymat, à la JTA lors du spectacle, faisant référence à cette journée juive de deuil collectif qui tombait cette année un jeudi. « C’est la pire des journées, la pire des malchances, alors pourquoi ne pas nous envoyer un missile à ce moment-là ? »
Contrairement aux roquettes à courte portée que le Hezbollah a tirées sur Israël, les missiles balistiques bien plus puissants lancés par l’Iran lors de la dernière vague de combats sont capables de détruire purement et simplement un abri domestique. C’est ce qui s’est produit en juin, lors d’une frappe sur Beer Sheva. Un impact direct sur un immeuble d’habitation avait alors tué quatre personnes qui s’étaient réfugiées dans leurs abris et en avait blessé au moins 22 autres.

À ce danger s’ajoute cette fois-ci l’utilisation accrue par l’Iran d’armes à sous-munitions, qui dispersent des dizaines de petites bombes sur un vaste périmètre. Ces armes ont frappé sans discernement des zones à forte densité de population civile en Israël. Sur la vingtaine de civils israéliens tués dans des frappes iraniennes depuis février, dix l’ont été par des sous-munitions.
Si le cours du pétrole est un indicateur de la façon dont les marchés financiers évaluent les risques d’une reprise des combats, le Brent a clôturé jeudi au-dessus de 100 dollars le baril pour la première fois depuis mai, après que les Houthis, alliés de l’Iran au Yémen, ont décrété un blocus et attaqué des pétroliers saoudiens à proximité du détroit de Bab el-Mandeb.
L’establishment de la défense, par ailleurs, tient un discours ferme. « Si l’Iran attaque Israël, il devra faire face à une riposte écrasante », a averti jeudi le ministre de la Défense, Israel Katz, à l’issue d’une évaluation de la sécurité avec les hauts responsables de l’armée israélienne. Les élus municipaux, quant à eux, se préparent discrètement à la guerre. Dans l’intervalle, la vie suit son cours normalement.
À Tel Aviv, comme aux jours les plus chauds de l’été, les plages, vendredi soir, étaient bondées. Les services météorologiques avaient annoncé un épisode de forte chaleur pour la majeure partie de cette semaine, la plus chaude de l’été jusqu’à présent.
Le Times of Israël
Laisser un commentaire