Début septembre, 128 pays se réunissaient à l’Office des Nations unies à Genève pour tenter de conclure un traité sur les armes autonomes, ces armes nourris à l’intelligence artificielle capables de choisir eux-mêmes leurs cibles sur le champ de bataille. Et l’on apprend que les représentants américains et russes se sont entendus comme larrons en foire, durant un marathon final de quinze heures de négociations, pour raturer les garde-fous proposés dans le texte initial : une clause demandant que ces drones ou robots opèrent “de manière prévisible et fiable”, une autre prévoyant que des considérations éthiques prévalent dans leur utilisation durant les conflits. Et, tant que nous y sommes, une troisième qui exigeait qu’un humain passe en revue les cibles définies par l’IA avant d’autoriser les frappes.
Plusieurs journaux avaient suivi ces rencontres, qui se sont achevées dans la douleur à 3 heures du matin le 5 septembre. Mais le Washington Post en dit plus long sur l’offensive coordonnée des deux puissances. À la surprise générale, les États-Unis et la Russie avaient dépêché à Genève des délégations deux fois plus importantes que celles des autres participants.
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