La montagne de la Pioche. Ce site iranien « entouré de mystère ». Probablement pas pour Israël.

Par |2026-07-26T06:43:13+02:0026 Juil 2026|Catégories : DEFENSE|

La montagne de la Pioche est “une cible possible pour un bon gros tir”, disait le 13 juillet le président des États-Unis à l’animateur conservateur Hugh Hewitt. C’était “la première fois qu’il présentait explicitement cette montagne comme une cible”, indique The Wall Street Journal.

Lundi 20 juillet, le journal des affaires a en effet rapporté que, d’après le renseignement israélien, l’Iran aurait “déplacé des centaines de centrifugeuses permettant d’enrichir l’uranium dans des tunnels profondément enfouis sous [cette] montagne, à l’automne dernier”. Ce transfert serait intervenu après le bombardement, en juin 2025, de trois grands sites nucléaires iraniens. “Israël a transmis ces renseignements aux États-Unis”, précise le Wall Street Journal.

La chaîne CNN, qui s’appuie aussi sur une source israélienne, ajoute que, selon l’État hébreu, Téhéran aurait déplacé en outre sur ce site une partie de son stock de 400 kilos d’uranium très enrichi.

“Ces fuites ne surviennent pas maintenant par hasard”, a commenté sur X Ali Vaez, spécialiste renommé de l’Iran à l’International Crisis Group, alors que les hostilités n’ont pas cessé depuis une dizaine de jours. “Elles semblent destinées à provoquer une nouvelle escalade afin d’empêcher tout retour à la diplomatie et à enfermer les deux parties dans […] une guerre éternelle.”

Une source en Iran a déclaré à CNN, plus tôt en juillet, que les affirmations sur des activités nucléaires sur place étaient fausses.

Que se passe-t-il sous cette montagne ?

“La montagne de la Pioche est une installation fortifiée en profondeur, située dans le centre du pays”, tout près du site d’enrichissement de Natanz, bombardé en juin 2025, puis en mars, par Israël et les États-Unis, rappelle CNN.

“Sa construction a commencé en 2020. À l’époque, l’Iran l’a déclaré à l’Agence internationale de l’énergie atomique comme une future usine d’assemblage des centrifugeuses qui produisent le combustible nucléaire.”

Le site, surveillé depuis longtemps mais entouré de mystère, ne serait pas encore opérationnel, précise la chaîne. Il semble en tout cas que les travaux se soient accélérés l’an dernier. L’Institute for Science and International Security (Isis), un think tank spécialisé dans la non-prolifération, cité par le Wall Street Journal, explique qu’on y observe “du trafic de camions, des tunnels renforcés et un périmètre de sécurité qui a surgi”.

On ignore si l’Iran y construit des centrifugeuses, comme prévu au départ, ou si les missions du site ont été étendues. David Albright, de l’Isis, explique à la chaîne iranienne d’opposition Iran International que “le complexe souterrain semble nettement plus vaste que nécessaire pour le seul assemblage de centrifugeuses”.

Les États-Unis peuvent-ils le neutraliser ?

À 100 mètres de profondeur au minimum, c’est une cible difficile à détruire, même pour les puissantes bombes antibunker que le Pentagone avait larguées sur l’usine souterraine de Fordo en juin 2025, note le Los Angeles Times.

Les experts sont divisés quant aux chances de l’endommager sérieusement, rapporte CNN. L’Isis estime que les États-Unis et Israël pourraient s’attaquer à différents points vulnérables : systèmes de ventilation, de chauffage et de refroidissement, approvisionnements…

James Acton, spécialiste des questions nucléaires au sein du think tank Carnegie Endowment for International Peace, a toutefois jugé sur X que Washington ne pourrait guère faire plus que détruire les tunnels d’accès. “Ce qui ne change pas vraiment la donne”, a-t-il écrit.

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