Israël : hausse du salaire net pour des milliers de salariés après un ajustement fiscal
Des milliers de salariés voient leur salaire net augmenter grâce à un ajustement des tranches d’imposition, une mesure qui suscite toutefois des critiques sur son coût et ses effets inégalitaires.

Des centaines de milliers de salariés israéliens constatent dès ce mois-ci une augmentation de leur salaire net, conséquence directe d’une réforme des tranches de l’impôt sur le revenu intégrée au budget 2026. Cette mesure, portée par le ministre des Finances Betsalel Smotrich, modifie les seuils d’imposition sans changer les taux, permettant à certains contribuables de conserver une part plus importante de leurs revenus.
Concrètement, les tranches intermédiaires ont été élargies : cela signifie que les salariés commencent à payer les taux d’imposition plus élevés à partir de niveaux de revenus plus importants qu’auparavant. Résultat : pour les revenus mensuels supérieurs à environ 16 000 shekels, une baisse effective de l’impôt se traduit par une hausse du salaire net.
Les gains varient selon les revenus. Par exemple, un salarié gagnant 17 000 shekels bruts par mois bénéficiera d’une augmentation d’environ 93 shekels nets, tandis qu’un revenu de 20 000 shekels verra une hausse d’environ 313 shekels. Pour les salaires les plus élevés concernés par la réforme, le gain peut atteindre plus de 400 shekels mensuels.
L’effet est particulièrement visible en avril, car la mesure est rétroactive depuis janvier 2026. Les salariés reçoivent donc un rattrapage correspondant aux trois premiers mois de l’année, ce qui multiplie temporairement le montant perçu.
Cependant, cette réforme ne concerne pas tous les travailleurs. Les salariés gagnant moins de 16 150 shekels par mois ne bénéficient d’aucune amélioration de leur revenu net, ce qui alimente les critiques sur son caractère inégalitaire.
Sur le plan économique, la mesure suscite un débat. La Banque d’Israël a exprimé des réserves, soulignant son coût élevé dans un contexte de dépenses accrues liées à la guerre. Le manque à gagner fiscal est estimé à plusieurs milliards de shekels par an.
Pour le gouvernement, il s’agit toutefois d’un levier destiné à encourager le travail et soutenir la croissance. Mais ses détracteurs estiment qu’en période d’incertitude budgétaire, cette baisse d’impôts ciblée pourrait peser sur les finances publiques et accentuer les inégalités.
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