Des denrées d’origine animale mais fabriquées sans aucun animal ? Tel est le principe d’Aleph Farms, une société israélienne spécialisée dans l’agriculture cellulaire. Il s’agit bel et bien de viande, pas une imitation à base de plantes.

Cette viande née de l’agriculture cellulaire est cultivée dans un bioréacteur, un récipient dans lequel les cellules animales reçoivent tout ce dont elles ont besoin pour se développer. Elles sont alimentées constamment en oxygène, acides aminés, glucose, vitamines, sels, etc. “Il faut 4 à 6 semaines pour obtenir des lamelles de bœuf, explique Didier Toubia, le CEO d’Aleph Farms.

L’agriculture cellulaire, une solution pour respecter les limites planétaires ?

“Ce système permet de réduire l’utilisation des ressources naturelles – accaparement des terres, production de CO2, etc. – mais aussi d’améliorer la santé publique car l’agriculture cellulaire n’utilise pas d’antibiotiques et qu’il n’y a pas de risque de zoonose [maladies qui peuvent être transmis de l’animal aux humains et inversement, NDLR]”, précise Didier Toubia.

En effet, chaque année les animaux d’élevage consomment plus d’antibiotiques que les êtres humains. C’est une des causes majeures de la progression de l’antibio-résistance dans le monde. En outre, l’agriculture cellulaire pourrait permettre de lutter contre un système agroalimentaire très concentré.

Actuellement dans le monde, quatre grandes familles animales (porc, volaille, bœuf et mouton/chèvre) et huit plantes (maïs, blé, riz, pommes de terre, manioc, soja, patate douce et sorgho) représentent 75 % de l’alimentation mondiale. L’agriculture cellulaire pourrait mettre une bien plus grande diversité alimentaire.

Une diversité alimentaire faible : seulement 4 grandes espèces animales et 8 plantes représentent 75 % de l’alimentation mondiale.

“Produire avec juste ce qu’il faut d’énergie”

“Grâce à l’agriculture cellulaire, nous pouvons produire avec juste ce qu’il faut d’énergie. Nous n’avons pas besoin de terres arables, notre activité ne transmet pas de maladies, nous n’avons pas besoin de médicaments… Pour moi, cela peut représenter la plus grande révolution alimentaire après l’intégration du lait dans notre consommation il y a 6-7 000 ans”, assure Didier Toubia. En ayant recours à de l’énergie renouvelable, Aleph Farms estime que la consommation d’équivalent CO2 peut être réduite de 92 %, l’eau de 78 % et l’utilisation des terres arables de 95 %.

Mais Aleph Farms n’ambitionne pas de se substituer à l’agriculture classique. “L’agriculture cellulaire doit rester une alternative. Elle doit permettre de réduire l’agriculture intensive si néfaste pour la planète pour promouvoir l’agriculture régénératrice et mieux prendre soin des animaux. Nous nous positionnons comme un complément, non comme une substitution”, souligne le CEO d’Aleph Farms.

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