A quoi assistons-nous depuis le début de la guerre en Iran ? Quel rôle y joue l’IA d’un point de vue militaire ? Quelle place ont prise les géants de la tech dans la défense ?
L’Europe regarde-t-elle passer les trains ?… Professeur associé à Sciences Po Paris, arabisant, spécialiste du Moyen-Orient, du djihadisme et de l’IA, Hugo Micheron est l’invité des Grands entretiens d’Anne Rosencher.
Anne Rosencher : En vingt-quatre heures, le 28 février, 1 000 cibles ont été touchées en Iran par les Etats-Unis et Israël.
Le chef du commandement central américain Brad Cooper a dit à propos de ce bilan que « les outils d’IA avancés ont transformé des processus qui prenaient des jours en quelques secondes ». Que fait l’IA dans cette guerre que l’homme ne faisait pas avant ?
Hugo Micheron : Le premier effet direct de l’IA sur les conflits est ce qu’on appelle le « passage à l’échelle » : on fait beaucoup plus avec beaucoup moins.
Des milliers de décisions sont prises en quelques secondes, d’une façon inaccessible à un cerveau humain aussi affûté soit-il, pour des raisons de tension cognitive évidente.
Un autre cas d’usage, dans la même guerre, est l’épisode qui a mené à l’élimination de Khamenei. On possède en la matière un point de comparaison historique : la traque contre Ben Laden, qui a duré dix ans, et dans laquelle la technologie a joué un rôle assez secondaire, l’essentiel étant alors fondé sur le renseignement humain. Pour Khamenei – même si les circonstances étaient différentes – il y a une évidente compression du temps, avec une opération sur le terrain dans laquelle la technologie a joué un rôle central.
L’EXPRESS.
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