L’économie israélienne s’enfonce dans la récession depuis le 7 octobre 2023, et ce n’est pas seulement le coût de la guerre qui a rendu la situation économique hors de contrôle.
Il faut appeler les choses par leur nom : une période de recul de l’activité économique, mesurée par le produit intérieur brut (PIB), s’appelle récession.
C’est bien la situation dans laquelle se trouve Israël durant les deux dernières années : la croissance du PIB n’est plus positive, elle est négative.
Chute du PIB
Cette semaine, l’Institut de la Statistique à Jérusalem a publié son premier bilan pour 2024 : le PIB d’Israël a augmenté d’un petit 1%, chiffre légèrement supérieur aux prévisions antérieures.
Toutefois, en tenant compte de la croissance démographique (1,3% en 2024), l’Israélien a vu sa production (en biens et services) reculer de 0,3% en 2024 après une baisse de 0,1% en 2023.
C’est la deuxième année consécutive que l’Israélien moyen produit moins ; une tendance qui éloigne le pays de son niveau de production de 2022 qui avait connu un bond de 4,3%.
Les principaux moteurs de l’activité se sont éteints en 2024 comme les exportations (-5,6%) et les investissements (-5,9%), y compris les investissements dans la high-tech qui ont chuté de 36,8% l’an passé.
Il ne s’agit donc pas d’un arrêt ni d’un ralentissement économique, mais bien d’un recul et donc de récession. Si le pire a pu être évité en 2024, c’est grâce à la consommation des ménages qui a tenu bon (+3,9%) ainsi qu’à la consommation publique qui a rebondi de 13,7% avec des dépenses militaires qui se sont envolées de 43,3%.
Hors de contrôle
En fait, le sentiment de chaos économique qui règne dans les milieux économiques, en Israël comme à l’étranger, est alimenté par l’incertitude économique déclenchée par l’intensification du conflit en 2024, et qui se prolonge en 2025.
Or, l’incertitude et la croissance économique ne font pas bon ménage : l’incertitude est un frein à l’activité, en provoquant de l’attentisme et de l’inquiétude chez les agents économiques.
En Israël 2025, les causes de cette incertitude sont nombreuses ; paradoxalement peut-être, le coût (élevé) de la guerre n’en fait pas partie puisqu’il dépend surtout de la durée, de l’ampleur et de l’intensité du conflit.
En revanche, le chaos actuel est amplifié par une politique économique hésitante et totalement inadaptée à la situation de récession actuelle : le budget 2025 n’a toujours pas été voté par la Knesset, l’endettement extérieur s’envole, les hausses de prix liées au relèvement de la TVA, impôts fonciers et taxes locales, deviennent incontrôlables.
Les promesses de réduire le train de vie de la coalition gouvernementale (un gouvernement pléthorique de 33 ministres et 5 vice-ministres n’est pas indispensable en temps de guerre) sont restées lettre morte : le déficit budgétaire s’est envolé à 136 milliards de shekels soit 6,9% du PIB en 2024.
En 2025, le gouvernement israélien a appris à ne pas craindre le chaos, mais au contraire, à l’utiliser ; dommage pour l’économie israélienne qui attend des jours meilleurs…