Israël : l’armée a étendu son entrée terrestre dans la bande de Gaza, un cessez-le-feu exclu
La « troisième phase » de l’opération militaire de l’armée israélienne a débuté. « Tsahal a étendu son entrée terrestre dans la bande de Gaza, elle le fait par étapes mesurées et très puissantes, en progressant méthodiquement », a indiqué lundi Benyamin Netanyahou, chef du gouvernement israélien. Le porte-parole de l’armée israélienne, Jonathan Conricus, a confirmé ce mardi matin que « les troupes israéliennes se trouvent dans différentes parties du nord de la bande de Gaza ».
« Nous avons fait entrer des véhicules lourdement blindés, des chars, des véhicules blindés de combat, des bulldozers », a-t-il ajouté, ajoutant comprendre que la situation humanitaire est difficile, « mais ce n’est pas de notre fait ».Depuis vendredi soir, opérations au sol et frappes israéliennes se sont intensifiées, avec pour objectif « d’anéantir » le mouvement islamiste palestinien, dont l’attaque sur le sol israélien le 7 octobre a déclenché le conflit.
Des chars israéliens aperçus en lisière de Gaza-ville
Pour la première fois depuis le début de la guerre, des chars israéliens ont été aperçus en lisière de Gaza-ville, selon des témoins. D’après ces sources, les chars et l’aviation israélienne ont bombardé un axe routier nord-sud avant de se retirer. La branche militaire du Hamas a affirmé avoir riposté en tirant des obus vers « deux blindés ». Lundi, l’armée israélienne a assuré avoir frappé en 24 heures « 600 cibles » – dépôts d’armes, lancements de missiles et caches – du Hamas. Elle assure également avoir tué « des dizaines de terroristes ». L’armée a aussi annoncé mardi matin avoir abattu un suspect entré sur le territoire israélien. Les frappes israéliennes se sont poursuivies dans la nuit de lundi à mardi dans plusieurs secteurs de la bande de Gaza, selon l’agence palestinienne Wafa. Le conflit a aussi exacerbé les tensions en Cisjordanie occupée, où près de 120 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre par des tirs de soldats et de colons israéliens, d’après le ministère de la Santé local. L’armée israélienne a par ailleurs affirmé mardi avoir mené des frappes aériennes au Liban visant le mouvement chiite Hezbollah, allié du Hamas, alors que la communauté internationale redoute un embrasement régional. Dans un entretien lundi à l’AFP, le Premier ministre libanais Najib Mikati a assuré que son pays faisait tout son possible pour ne pas être entraîné dans le conflit. « Je crains qu’une escalade n’englobe toute la région », a-t-il craint. Lundi également, l’armée israélienne a annoncé avoir frappé plusieurs cibles en Syrie, en réponse à des tirs de roquettes. Les forces américaines et leurs alliés basés en Irak et en Syrie ont, elles, été la cible de 23 attaques de drones ou de roquettes depuis deux semaines, a affirmé lundi un haut responsable américain de la défense. Washington accuse Téhéran d’être impliqué par procuration dans ces offensives qui sont en augmentation depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.« Les appels à un cessez-le-feu sont des appels à se rendre face au Hamas »
Ces opérations mettent à très rude épreuve les 2,4 millions d’habitants de Gaza, soumis depuis le 9 octobre à un « siège complet » les privant d’eau, de nourriture et d’électricité après déjà un blocus depuis l’arrivée au pouvoir du Hamas en 2007.« La poignée de convois autorisés via Rafah n’est rien comparée aux besoins de plus de 2 millions de personnes piégées à Gaza », a dénoncé le chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) Philippe Lazzarini, regrettant « qu’une population entière (soit) déshumanisée ».Il a réclamé un « cessez-le-feu humanitaire immédiat devenu une question de vie ou de mort pour des millions de personnes ». Cette éventualité est exclue par Benyamin Netanyahou.
« Les appels à un cessez-le-feu sont des appels à se rendre face au Hamas. Cela ne se produira pas », a-t-il asséné.
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