L’Amimut (terme hébreu signifiant « opacité » ou « ambiguïté ») désigne la politique officielle d’Israël consistant à ne jamais confirmer ni infirmer la possession de l’arme nucléaire.
Cette doctrine permet à l’État hébreu de maintenir une force de dissuasion maximale au Moyen-Orient sans déclencher une course aux armements régionale ni forcer ses alliés occidentaux, notamment les États-Unis, à lui imposer des sanctions juridiques automatiques.
Objectifs stratégiques
    • Dissuasion militaire : Les adversaires d’Israël agissent avec la certitude quasi-totale que le pays possède l’arme atomique, ce qui décourage les attaques existentielles.
    • Stabilité géopolitique : L’absence de déclaration officielle évite de pousser les puissances rivales (comme l’Égypte ou la Turquie) à développer urgemment leur propre programme nucléaire.
    • Protection diplomatique : Cette posture permet aux États-Unis de maintenir leur aide financière et militaire sans violer les lois américaines qui interdisent l’aide aux pays non-signataires du TNP développant des armes de destruction massive.

Fonctionnement concret
  • Censure stricte : Le gouvernement et l’armée israélienne interdisent aux officiels, aux militaires et aux médias nationaux de divulguer des détails sur l’arsenal ou les capacités de Dimona.
  • Formulations codées : Les dirigeants israéliens répètent invariablement la même formule standard : « Israël ne sera pas le premier pays à introduire les armes nucléaires au Moyen-Orient ».
  • Exceptions et fuites : L’affaire Mordechai Vanunu en 1986 (technicien ayant révélé des photos de Dimona) et de rares déclarations accidentelles de ministres ont confirmé l’existence de l’arsenal, sans que l’État ne modifie sa doctrine officielle.
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