C’est une société israélienne pétrifiée qui vit, minute par minute, avec horreur et angoisse, la situation des otages retenus, depuis le 7 octobre, par le Hamas, dans la bande de Gaza.
Sur les télévisions, sur les réseaux sociaux, dans chaque famille, ou presque, le sort des 199 captifs de l’organisation terroriste, officiellement recensés par l’Etat – un chiffre qui n’a cessé de varier depuis une semaine –, constitue un dilemme éthique, politique et militaire inédit, alors que l’armée israélienne bombarde lourdement Gaza depuis onze jours et prépare de nouvelles actions, potentiellement dramatiques pour les habitants de ce territoire peuplé de près de 2,3 millions de personnes.
La tension est montée d’un cran, lundi 16 octobre, avec la diffusion d’une vidéo du Hamas, dans laquelle une jeune femme, Mia Schem, âgée de 21 ans, apparaît sur un lit, affaiblie, alors qu’un soignant lui pose des bandages sur le bras. La jeune femme affirme, en regardant la caméra, avoir été blessée le jour de l’attaque, mais être bien traitée – ce qui est invérifiable. « Elle a été blessée à la main. Elle a été opérée. Elle a l’air terrifié. Elle dit ce qu’on lui dit de dire. Je suis très inquiète pour elle, a déclaré sa mère, Karen Schem, devant les caméras du monde entier, à Tel-Aviv, mardi. Je demande aux dirigeants du monde que ma fille nous soit rendue dans l’état où elle se trouve aujourd’hui, ainsi que les autres otages. Je supplie le monde de me rendre mon bébé. »
Les informations sur les otages restent parcellaires. L’armée israélienne avait fait savoir, samedi, que des corps avaient été retrouvés lors d’une incursion dans la bande de Gaza. Mais, depuis, rien n’a filtré sur l’identité de ces victimes ni sur les circonstances de leur mort. De son côté, le Hamas a déclaré que plusieurs captifs auraient été tués au cours des bombardements intenses de son territoire, lesquels ont tué au moins 3 000 Palestiniens en onze jours. L’organisation islamiste avait menacé d’exécuter des otages chaque fois que des bombardements non annoncés toucheraient des bâtiments de Gaza.
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