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La députée Hatsionout Hadatit, Orit Struck, a déclenché hier (dimanche) une tempête médiatique après avoir déclaré sur les ondes de Kan qu’un médecin pouvait refuser de traiter un patient si celui-ci demandait un traitement qui allait à l’encontre de ses convictions religieuses.

Immédiatement, les propos d’Orit Struck ont été interprétés comme homophobes. L’opposition a dénoncé ce qu’elle considère comme la volonté du futur gouvernement, de discriminer les membres de la communauté LGBT.

La députée a précisé qu’il ne s’agissait pas de refuser de soigner un patient sur la base de son identité ou de son orientation sexuelle mais de ne pas obliger un médecin de pratiquer un soin qui pourrait aller à l’encontre de ses convictions religieuses et à condition qu’un autre médecin, tout aussi compétent et accessible, puisse pratiquer ce soin à sa place.

Ces précisions n’ont pas atténué les critiques, largement entretenues sur les réseaux sociaux par les membres de l’opposition.

Et le scandale s’est encore intensifié lorsque Simha Rotman, lui aussi député Hatsionout Hadatit, a dit qu’il ne trouvait pas de problèmes à ce qu’un gérant d’hôtel refuse de loger un couple LGBT. Il a justifié cette position par la liberté de commerce et ajouté qu’il ne considérait pas qu’un tel gérant aurait raison mais que c’était son droit le plus strict et que les clients pouvaient très bien lui faire comprendre en le boycottant, par exemple, que son attitude était inadmissible.

Ces deux déclarations chocs ont fait l’effet d’une bombe médiatique. Quasiment toutes les émissions d’actualité et tous les journaux d’information y étaient consacrés. A tel point que Binyamin Netanyahou a publié une vidéo dans laquelle il condamne ces propos:  »Sous ma direction, les LGBT ne seront pas discriminés et aucune atteinte ne sera portée aux droits des citoyens d’Israël. Cela ne s’est pas produit pendant les 15 années où j’ai dirigé le pays et cela ne se produira pas aujourd’hui ».

Le Président Herzog aussi s’est fendu d’une déclaration après qu’il aurait reçu des remarques de dirigeants internationaux.  »Une situation dans laquelle, les citoyennes et les citoyens d’Israël se sentent menacé(e)s en raison de leur identité ou de leur croyance va à l’encontre des valeurs démocratiques et morales de l’Etat d’Israël. Les propos racistes qui ont été entendus ces derniers jours contre la communauté LGBT en particulier et contre différents publics en général, m’inquiètent et me perturbent ».

Ce scandale intervient alors que depuis quelques jours le sujet de la loi sur les discriminations fait l’objet de beaucoup d’attentions. Smotrich a, en effet, obtenu de la part de Netanyahou qu’il inscrive dans les accords de coalition le vote d’une loi qui autorisea une entreprise privée à ne pas fournir certains services qui heurtent les croyances et les valeurs de son propriétaire.

Cette demande fait suite au cas d’un imprimeur de Beer Sheva qui avait été condamné à une lourde amende pour avoir refusé d’imprimer des flyers pour un événement de la communauté LGBT. Cette condamnation avait fait grand bruit et une cagnotte avait été ouverte pour aider l’imprimeur à payer son amende.

Le parti de Betsalel Smotrich veut éviter qu’un pareil cas ne se reproduise, en se basant sur une politique totalement libérale qui limite l’intervention de l’Etat dans la liberté de commerce.

Cette proposition de loi inquiète une large partie de la population qui craint que de cette manière, des secteurs entiers de la population – femmes, LGBT mais aussi orthodoxes – ne subissent au quotidien des discriminations.

LPH. COPYRIGHTS.

 

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