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Le 5 septembre 1972, au petit matin, huit membres d’un commando terroriste palestinien, baptisé Septembre noir, prirent en otage la délégation sportive israélienne présente aux Jeux olympiques de Munich. Ils exigèrent la libération de 236 militants palestiniens détenus en Israël et des deux figures de la Fraction Armée rouge, Andreas Baader et Ulrike Meinhof, emprisonnées en Allemagne.

Le plan de sauvetage élaboré par les autorités ouest-allemandes a tourné au fiasco. Neuf athlètes et entraîneurs israéliens sont tués durant l’opération, qui viennent s’ajouter à deux de leurs compagnons assassinés plus tôt dans le village olympique. Le 6 septembre, pratiquement comme si de rien n’était, le président du CIO, Avery Brundage, qui fut un ardent partisan des Jeux nazis de Munich (1936), décida la poursuite de la compétition. « Nous n’avons rien fait de mal et n’aurions rien pu faire de mieux » : telle fut, toute sa vie durant, la ligne défendue par le chef de la police de Munich, Manfred Schreiber.

Il aura fallu cinquante ans aux descendants des victimes israéliennes pour obtenir, de la part des autorités allemandes, une réparation à la hauteur, disent-elles, du préjudice subi. Mercredi 31 août, après des décennies de négociations laborieuses, un accord a été trouvé entre les deux parties, indemnisant les familles à hauteur de 28 millions d’euros, partiellement versés par la Bavière et la ville de Munich. Une précédente offre d’environ 240 000 euros par famille avait été rejetée par Ankie Spitzer, la veuve de l’entraîneur d’escrime André Spitzer, la qualifiant d’ « insulte » .

Après avoir menacé, fin août, de boycotter la cérémonie de commémoration, prévue lundi, la représentante des victimes se déclare soulagée mais épuisée par cinquante ans de contentieux.

Cinquante ans après, jour pour jour, le président allemand Franck-Walter Steinmeir, a demandé « pardon » aux familles des onze athlètes israéliens assassinés à Munich lors des Jeux Olympiques le 5 septembre 1972 par un commando du groupe palestinien Septembre noir. « Ce fut le pire attentat de la jeune République Fédérale d’Allemagne » a souligné le Président qui a fait un très long discours, revendiquant plusieurs fois la responsabilité de son pays « qui n’a pas su protéger ses invités », dont « certains étaient des survivants de la Shoah », qui s’est tu après cette tragédie et qui n’a pas fait la lumière sur les erreurs commises dans sa gestion de la crise. Alors que ces Jeux devaient effacer l’amer souvenir des Jeux de Berlin tenus en 1936 ans sous le régime nazi, ils se terminèrent en tragédie.

Source : Le Figaro & Les Echos

 

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