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En Algérie, la création du ministère des Start-up, une initiative lancée par Abdelmadjid Tebboune dès son élection, en décembre 2019, a permis de mettre en place un cadre légal et réglementaire incitatif qui n’existait pas jusqu’alors et « dont bénéficient désormais plus d’un millier de start-up labellisées, mais aussi les incubateurs, les accélérateurs et les investisseurs » , a résumé au Figaro Yacine Oualid, ministre délégué chargé des Start-up depuis 2020, le plus jeune ministre du gouvernement algérien.

Plus de 425 millions d’euros ont notamment été injectés dans un fonds public d’investissement, l’Algeria Startup Fund, pour accompagner les porteurs de projets innovants dans la création d’entreprise, loin des contraintes bureaucratiques des mécanismes de financement traditionnels.

« En l’espace de deux ans, le nombre de start-up a quadruplé et, entre janvier et août 2022, le nombre d’incubateurs a triplé » , rapporte Yacine Oualid en soulignant que les efforts se poursuivent (de nouvelles mesures incitatives ont été prises dans la dernière loi de finances, et le code du commerce et la loi monétaire ont été modifiés). Y compris pour inciter les entreprises privées à externaliser leur département de recherche et développement dans des incubateurs et des accélérateurs. Une émission télévisée doit également être lancée prochainement pour que les start-up puissent lever des fonds en direct grâce à l’intervention de « business angels » , ces mécènes qui investissent dans de jeunes PME et prodiguent des conseils à leurs gérants.

Si la majorité des projets naissent plutôt dans la région d’Alger, « des villes comme Oran, Sétif ou Constantine sont de plus en plus actives » , remarque Yacine Oualid. La couverture mobile, une des meilleures en Afrique et dans le monde arabe, et le taux de pénétration des smartphones, un des plus importants au monde, contribuent sans doute à cette expansion, même si par ailleurs l’Algérie accuse un retard en matière de paiement en ligne.

« Mais, surtout, leur point commun, c’est l’ouverture. Ils ne pensent pas juste à l’Algérie, ils sont ouverts sur le monde » , note la fondatrice de Shédio.

Un point sur lequel la rejoint le ministre. « Ces startuppeurs sont proches de l’Europe, mais ont un ancrage africain, ce qui leur donne des perspectives de développement régionales » , explique-t-il.

Enfin, note Feriel Tounsi, « on pense à tort que les start-up algériennes sont créées par des Algériens qui se sont formés à l’étranger et qui sont revenus. Ces derniers ne sont en réalité qu’une minorité » .

Peut-être la plus médiatisée. Noureddine Tayebi, qui a imaginé Yassir, diplômé de Stanford, était ingénieur et chercheur pour une grande firme technologique de la Silicon Valley. Amara Amaouz, le fondateur de Namlatic, est aussi revenu en Algérie après avoir travaillé en Europe.

Mais c’est dans une université algérienne qu’il a décroché un diplôme d’ingénieur en intelligence artificielle. « Doria est sortie et des Beaux-Arts d’Alger et moi, d’une école de commerce algérienne, souligne Feriel. Comme quoi, on peut être un pur produit du système éducatif algérien et réussir à monter une start-up ! »

Source : Le Figaro (résumé)

 

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