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Sur l’axe Rabat-Tel-Aviv, les échanges commerciaux se sont chiffrés à 3,1 millions de dollars au mois de mai 2022 et avec la signature d’accords économiques, le royaume marocain et l’Etat hébreu ambitionnent de quadrupler le volume de leurs échanges.
C’est la deuxième plus forte progression de tous les pays signataires des Accords d’Abraham. Selon les données du Bureau central israélien des statistiques, reprises par l’Abraham Accords Peace Institute, le volume des échanges commerciaux entre le Maroc et Israël s’est chiffré à 3,1 millions de dollars en mai 2022.

Entre le royaume et l’Etat hébreu, le commerce a bondi de 94 % par rapport à la même période de l’année précédente. En termes de volume, les 3,1 millions de dollars d’échanges maroco-israéliens n’atteignent pas les niveaux des Emirats arabes unis (201,4 millions), de la Jordanie (55 millions), et de l’Egypte (23,6 millions). Néanmoins, de tous les signataires des Accords d’Abraham, le Maroc est le deuxième pays où les échanges ont le plus progressé, derrière le record de +130 % enregistré par Abu Dhabi.
S’ils ne représentent que les données fournies pour le mois de mai, ces chiffres présagent d’une année 2022 fructueuse sur le plan économique sur l’axe Rabat-Tel-Aviv. Car sur la route que les deux capitales ont tracée pour leur rapprochement économique, le Maroc et Israël envisagent de quadrupler le volume de leurs échanges commerciaux.

L’objectif est en effet de porter ces échanges à 500 millions de dollars par an contre 131 millions de dollars enregistrés en 2021. Selon des chiffres de l’Administration du commerce extérieur israélien, les échanges bilatéraux entre Israël et le Maroc se sont chiffrés à 31 millions de dollars d’exportations et 100 millions de dollars d’importations. Mais au-delà des effets d’annonces, l’objectif du demi-milliard de dollars est encore loin d’être atteint.

Pour booster le commerce, le curseur est mis sur l’établissement du cadre juridico-législatif et l’harmonisation des règles et pratiques commerciales à travers la signature de plusieurs accords. C’est ainsi que fin février, le Maroc et Israël ont signé leur premier accord de coopération économique, en marge de la visite à Rabat de la ministre israélienne de l’Économie et de l’Industrie Orna Barbivai.

Encore en négociation entre les deux partenaires, des accords pour la fiscalité et la coopération douanière devraient baliser le chemin aux businessmen des deux pays

Cet accord prévoit notamment la création au Maroc de zones industrielles spéciales, la coopération entre les secteurs privés, le transfert de technologies et l’échange d’expertises dans l’innovation mais aussi des investissements dans plusieurs secteurs comme le numérique, l’agroalimentaire, l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables et l’industrie pharmaceutique.

Encore en négociation entre les deux partenaires, des accords pour la fiscalité et la coopération douanière devraient baliser le chemin aux businessmen des deux pays pour plus d’investissements israéliens au Maroc mais aussi dans l’autre sens.

La coopération maroco-israélienne, politico-diplomatique à la signature de la normalisation, s’est étendue à tous les domaines, notamment sur la coopération politique, l’aviation, l’agriculture, les sports, la culture et la cyberdéfense. Il faut y ajouter la coopération dans le domaine des fouilles archéologiques, ou encore celle dans le domaine du football.
Au-delà du diplomatique, alliance économique en vue

Passée cette parenthèse, les relations entre le royaume et l’Etat hébreu ont pris un virage économico-commercial. Cela se vérifie particulièrement en 2022 avec les visites de responsables israéliens au Maroc et vice-versa et des signatures d’accords entre Rabat et Tel-Aviv. En attendant l’ouverture prévue courant juillet de l’ambassade marocaine à Tel-Aviv, Ayelet Shaked, la ministre israélienne de l’Intérieur, a effectué en juin dernier une visite au Maroc.

En apportant “publiquement pour la première fois le soutien d’Israël à la souveraineté marocaine au Sahara”, la responsable sécuritaire est repartie de Rabat avec un accord pour une émigration dès juillet en Israël de travailleurs marocains dans les secteurs de la construction et dans les soins infirmiers. Il faut dire que la coopération sécuritaire est aussi un des leviers pour rehausser le niveau des échanges commerciaux.

Le 24 novembre dernier, en marge de sa visite de deux jours au Maroc, Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense avait signé avec Abdellatif Loudiyi, son homologue marocain, un protocole d’accord de défense qui scelle l’alliance militaire entre le Maroc et Israël et pose les jalons pour le développement bilatéral d’une industrie de la Défense.

Pour renforcer cet accord, une délégation militaire israélienne a discrètement effectué, le 25 mars dernier, sa première visite au Maroc, peu avant le sommet du Néguev. Un deuxième accord militaire a été signé à cette occasion confirmant ainsi la part proéminente des acquisitions d’armes du royaume auprès de l’Etat hébreu.

Les perspectives s’annoncent prometteuses. L’Etat hébreu souhaite exporter plus que des produits de transport, du caoutchouc, des produits plastiques ou chimiques et aller vers des domaines comme les énergies, l’agro-technologie mais aussi le business lié à la cybersécurité ou encore au casher.

De son côté, le royaume voit en Israël un marché prometteur pour le textile, les produits agricoles et les produits automobiles convoyés vers Tel-Aviv. Les investissements marocains pourraient s’étendre à l’hôtellerie et au tourisme, à l’aéronautique ou encore aux produits culturels. Un partenariat gagnant-gagnant au point d’atteindre un niveau stratégique d’alliance économique.

Source : TelQuel

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