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Jacques Bendelac sur Radio J : « Le coût de la vie en Israël est un des plus élevés des pays de l’OCDE ».

L’économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem, Jacques Bendelac, était l’invité de Steve Nadjar dans le Grand Journal de Radio J ce jeudi après-midi. Il est revenu sur la hausse des prix en Israël et les manifestations dans le pays contre la vie chère.

« La cause principale des manifestations est l’augmentation des prix, survenue en janvier et février, qui a semé la colère car les Israéliens ne comprennent pas comment en pleine pandémie, avec tous les problèmes que cela cause, les grands groupes, l’agroalimentaire, les produits de base ont augmenté très fortement.

Osem, Tnuva, les grands groupes alimentaires qui sont chacun des monopoles, dans leur domaine, n’ont pas hésité à augmenter les prix de façon très rude, en prétextant l’augmentation des prix dans le monde, de l’énergie, des transports.

Ce sont sans doute des raisons très justifiables mais le coût de la vie en Israël est un des plus élevés de tous les pays de l’OCDE. C’est un peu inacceptable aujourd’hui en pleine crise sanitaire de relever l’épée comme ça de façon exagérée pour beaucoup d’Israéliens, donc ils sortent manifester, ce ne sont pas de grosses manifestations mais c’est un coup de colère », a déclaré Jacques Bendelac. L’économiste a ajouté que l’alimentaire a le plus augmenté « en particulier les produits de base c’est-à-dire l’huile, les pates, la farine ».

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Le produit intérieur brut (PIB) d’Israël a augmenté de 8,1 % en 2021, dépassant les prévisions et marquant le taux de croissance le plus élevé enregistré depuis 21 ans, selon les données publiées mercredi par le Bureau central des statistiques (CBS).

Suivant ces données, le quatrième trimestre fiscal de 2021 a enregistré une croissance stupéfiante de 16,6 % du PIB, portant la moyenne annuelle à 8,1%, la plus élevée depuis 2000, époque à laquelle Israël connaissait une croissance de 8,4 %.

La Banque centrale d’Israël avait estimé que la croissance atteindrait le taux de 6,5 % en 2021. Des estimations plus optimistes, faites par des experts du ministère des Finances, tablaient sur une croissance de 7,1%, selon le média économique Calcalist.

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman, s’est rapidement attribué le mérite de ces chiffres impressionnants, affirmant que la politique de la coalition visant à maintenir l’économie israélienne ouverte malgré la pandémie avait conduit à ce niveau de croissance économique.

« La politique que j’ai promue consistant à « vivre avec le coronavirus » sans confinements, sans congés sans solde tout en adoptant un budget révolutionnaire, nous a permis de battre des records et de dépasser toutes les prévisions, conduisant l’État d’Israël à la première place des pays occidentaux pour ce qui est de la croissance», a tweeté Liberman.

Le PIB par habitant d’Israël a également enregistré une croissance impressionnante en 2021. Avec une croissance démographique d’Israël de 1,7 % en 2021, le PIB par habitant a augmenté de 6,3 %.

Ce chiffre est supérieur de 1,3 % à la croissance moyenne estimée à 5 % dans les pays de l’OCDE, a déclaré le Bureau central des statistiques.

La ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, le ministre des Finances, Avigdor Liberman, et le ministre de la Construction et du Logement, Ze’ev Elkin, s’expriment lors d’une conférence de presse tenue le 31 octobre 2021, au cours de laquelle ils ont dévoilé un nouveau plan de logement pour la période 2022-2025. (Ministère des finances)

Les importations de biens et services ont augmenté de 18,7 % en 2021, tandis que les exportations de biens et de services ont augmenté de 13,6 %. La consommation des ménages a augmenté de 11,7 %.

La majeure partie de la croissance s’est faite au cours du dernier trimestre de 2021. À titre de comparaison, le PIB d’Israël n’a augmenté que de 2,4 % au troisième trimestre de 2021.

Selon Liberman, cela reflète la nouvelle politique COVID d’Israël visant à maintenir l’économie aussi ouverte que possible, politique menée par le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett et initiée en octobre.

Lors de la présentation du plan de lutte de son gouvernement contre la COVID en septembre dernier, Bennett évoquait « le prix économique, physique et émotionnel » à payer « pour avoir paralysé l’activité économique en 2020 ».

Cette année-là, alors que le pays était soumis à des confinements répétés et à des restrictions sur les rassemblements et les voyages, le PIB d’Israël avait diminué de 2,2 %. Le PIB par habitant s’était lui contracté de 3,9 % en 2020, selon le CBS.

Le mérite du taux de croissance remarquable enregistré en 2021 pourrait également être attribué, du moins en partie, au premier budget adopté par la Knesset depuis trois ans, un succès majeur de la coalition de Bennett.

L’adoption du budget de l’État a entraîné une augmentation de 17,3 % des dépenses publiques consacrées aux services publics, selon le Bureau central des statistiques.

 

Gabriel Attal

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