Partager :

ISRAELVALLEY SPECIAL. De Daniel Rouach. Chronique « en direct » de l’Hôpital Ichilov. Depuis une dizaine de jours je traine dans les couloirs de Ichilov. Hier, une belle surprise! (Chronique N°2).

Le shabbat, dans un coin de l’hôpital de Ichilov à Tel-Aviv on peut trouver en abondance de grosses marmites de dafina (1) d’excellente qualité offerte aux visiteurs (nous l’avons vérifié!). Un groupe de juifs orthodoxes de Bnei Berak offre avec générosité aux malades et surtout aux visiteurs ce plat traditionnel le plus bourratif de la planète.

Dans le bâtiment Ofer de l’hôpital, dans une synagogue « ouverte », ont résonné durant le dernier shabbat les prières traditionnelles. De nombreux juifs orthodoxes sillonnent les couloirs avec leurs taliths. (Voir des photos dans l’instagram israelvalleynews)

(1) La dafina (également skhina, tafina, tafna, matfun, pkaïla ou bkaïla) est un plat traditionnel de la cuisine juive du Maghreb, elle est appelée pkaïla en Tunisie. Ce plat est traditionnellement consommé lors de la Seouda Shenit, le deuxième repas du chabbat, qui a lieu le samedi vers midi.

Le mot dafina vient de l’arabe ad-dafina, qui veut dire « couvert », « étouffé », relatif au mode de cuisson, qui se faisait historiquement dans un trou creusé à même le sol ou dans les fours en terre des boulangers.

Pour des raisons religieuses, les Juifs ne cuisinent pas le jour du chabbat. Néanmoins, le chabbat devant revêtir un caractère de « délice », il est également prescrit de manger un plat de viande chaud. Ce problème est résolu en cuisinant la dafina dès le vendredi soir, avant la tombée de la nuit, et de la laisser mijoter sur un petit feu (de nos jours, une plaque chauffante) pendant près de quinze heures, ce qui lui donne un goût très particulier. Au bout de la cuisson, les ingrédients caramélisent. Le tcholent (plat ashkénaze) suit le même principe, mais son goût est fort différent.

La dafina marocaine est généralement composée de viande de bœuf, de pommes de terre, de pois chiches, d’œufs et de blé. On y trouve aussi parfois du riz. Il existe aussi la dafina dite de Pessa’h (pâque juive) à base de petits pois (sans pois chiches, ni riz ou blé). À table, on ajoute du sel, du poivre et du cumin. Plusieurs variétés locales existent cependant, telle la dafina constantinoise, qui est préparée avec des épinards.

Partager :