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C’est Yuli Edelstein qui a jeté le gant. L’ancien refuznik et député Likoud qui a été le président de la Knesset et aussi le ministre de la Santé du dernier gouvernement Netanyahou pendant la crise sanitaire, a annoncé lundi qu’il briguerait la direction du Likoud aux prochaines primaires du parti. Sauf qu’aucune date n’est encore prévue pour le renouvellement du mandat du chef du parti conservateur israélien, toujours entre les mains de Benyamin Netanyahou. Sept mois après les élections, c’est en tout cas le premier signe de réveil au sein du Likoud, qui malgré l’échec à former le nouveau gouvernement, reste toujours soudé derrière son leader.

Edelstein est une des figures les plus respectées au sein du parti, en dépit de sa rivalité ouverte avec Netanyahou. L’annonce de sa candidature n’est donc pas vraiment une surprise, même si le timing peut paraitre un peu prématuré. Les autres barons du parti, comme Israël Katz, Nir Barkat ou Avi Dichter, avaient préféré faire profil bas au cours de ces derniers mois, et le passage du Likoud dans l’opposition après onze années au pouvoir n’avait pas déclenché de crise ou de début de rébellion.

Le premier sondage publié au lendemain de l’annonce de Yuli Edelstein n’a d’ailleurs pas non plus indiqué un mouvement d’intérêt particulier de l’électorat du Likoud, qui préfère à 86% Benyamin Netanyahou à Yuli Edelstein à la tête du parti. Mais il faut rappeler qu’au Likoud, ce sont les adhérents qui élisent leur chef et que tout se joue à l’intérieur de l’appareil. Le sondage de la chaine 12 de la télévision israélienne constatait aussi que sous la direction d’Edelstein, le Likoud n’obtiendrait que 20 sièges, contre 34 sous celle de Netanyahou.

Ce qu’il faut remettre dans le contexte des quatre derniers scrutins législatifs : à savoir que c’est la présence de Benyamin Netanyahou à la tête du Likoud qui avait empêché le parti de reformer une coalition stable. Les autres partis de droite et du centre n’auraient pas été opposés à une alliance avec le Likoud, s’il avait été dirigé par quelqu’un d’autre.

En montant en première ligne, Yuli Edelstein prend un risque. Non seulement Benyamin Netanyahou n’a pas perdu en popularité personnelle depuis qu’il est devenu chef de l’opposition, mais son parti maintient sa force dans les sondages. Peut-être parce que sa base électorale continue à penser que le gouvernement Bennett-Lapid ne tiendra pas longtemps et que Netanyahou retrouvera rapidement le pouvoir.

Mais le bloc de droite autour de Netanyahou, formé par le Likoud avec les partis orthodoxes et le parti sioniste religieux n’a toujours pas récupéré dans les intentions de vote, les 61 sièges nécessaires pour former une majorité à la Knesset. Ce qui veut dire que même si le gouvernement actuel devait échouer à faire voter le Budget de l’Etat avant le 14 novembre et qu’il fallait retourner aux urnes, la répartition des forces politiques aurait toujours la même configuration.

C’est donc d’abord à l’intérieur du Likoud que les choses doivent bouger. En tout cas, c’est l’analyse de Yuli Edelstein. Reste à savoir s’il sera suivi. Avant lui, Gideon Saar avait essayé. Il est aujourd’hui au gouvernement, mais il a quitté le Likoud.

Pascale Zonszain (Radio J)

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