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Le rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël apporte dans son sillage le rétablissement des relations économiques. (Un article sous copyrights : medias24.com)

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a affirmé le 17 décembre lors du conseil du gouvernement que la mise en place des mesures annoncées a démarré. Pour rappel, les mesures dont il est question portent sur:

  • Les autorisations de vols directs pour le transport des membres de la communauté juive marocaine et des touristes israéliens en provenance et à destination du Maroc;
  • La reprise des contacts officiels avec les vis-à-vis et les relations diplomatiques;
  • La promotion des relations innovantes dans les domaines économique et technologique dont la réouverture des bureaux de liaison dans les deux pays.

Deux des trois mesures citées ci-haut portent sur le volet économique qui semble être une composante non négligeable du réchauffement attendu entre les deux pays.

« Un potentiel qui n’a de limite que notre imagination »

La question qui revient souvent depuis l’annonce de la reprise des relations est de mesurer le potentiel économique. Il n’est certes pas aisé d’évaluer aujourd’hui avec précision ce potentiel, mais il est possible d’en connaître la portée. Il est tout aussi difficile de faire parler les institutions tant la décision est encore nouvelle.

Médias24 a contacté l’homme d’affaires David Toledano pour commenter la portée économique de ce pas diplomatique réalisé par le Maroc. David Toledano connait le paysage économique marocain sur le bout des doigts. Il est président de la Fédération des industries des matériaux de construction et membre du conseil d’administration de la CGEM.

« Le potentiel économique est illimité. Il dépend de notre volonté », nous répond-il. « Le potentiel peut être décliné dans tous les grands secteurs de l’économie que ce soit le secteur primaire, secondaire ou tertiaire. Il y a l’agriculture. Il y a l’industrie notamment pharmaceutique ou chimique, l’agro-industrie notamment le halal », poursuit-il.

« Il y a tout ce qu’on peut développer non seulement vers Israël, mais aussi en partenariat avec Israël vers des marchés comme les Etats-Unis. Le marché américain est friand de nos produits alors que nous n’avons pas les capacités de production suffisantes pour répondre à ses besoins. »

« Il y a aussi énormément de choses à faire dans tout ce qui est nouvelle économie, assurance, négoce… »

« La reprise des relations économiques peut avoir des retombées extrêmement intéressantes pour le Maroc qui profitera évidemment de l’expertise israélienne d’un côté, mais de l’autre pourra faire valoir son expertise dans plusieurs domaines ».

Casablanca, nouveau hub aérien vers la région

Toutefois, on sait déjà que l’un des premiers secteurs qui bénéficieront de cette reprise des relations est le secteur touristique. 70.000 Israéliens visitent chaque année le Maroc.

Selon les professionnels sondés par Médias24, le Maroc peut recevoir dès la fin de 2021, 200.000 visiteurs. Un chiffe confirmé par la ministre marocaine du Tourisme Nadia Fettah Alaoui.

D’ailleurs, le lancement des liaisons aériennes est attendu en mars au plus tard.

A ce sujet, David Toledano estime que des lignes aériennes directes entre le Maroc et Israël « seront doublement intéressantes, pas seulement au niveau du tourisme mais parce que le Maroc peut être un hub pour la partie ouest ».

« Ceux qui viennent des Etats-Unis par exemple peuvent utiliser Casablanca comme escale au lieu d’utiliser Londres, Paris ou Madrid qui sont des escales chères. Il est beaucoup moins cher de faire changer de vol au Maroc », nous explique-t-il.

« C’est un élément non négligeable et cela va induire véritablement une activité annexe qui peut rendre l’exploitation de cette route aérienne plus intéressante », poursuit-il.

« Dans l’euphorie, gardons la raison »

Tout en étant optimiste par rapport à ce qui se profile et confiant dans la pertinence des décisions prises, David Toledano défend une vision objective en ce qui concerne le business.

« Dans l’euphorie des retrouvailles potentielles, il faut savoir raison garder. Aujourd’hui, je pense que les attentes sont nombreuses mais il faut qu’il y ait un cadre qui puisse pérenniser cette reprise des relations », explique-t-il.

« Il faut qu’il y ait des instructions claires et nettes pour que l’administration puisse agir dans le sens du démarrage du travail. Il ne s’agit pas seulement de faire des déclarations. Il faut être clair, si on va vers une direction donnée il faut que tout le monde aille dans le même sens et que la voie soit tracée avec un cadre clair pour travailler dans la légalité la plus parfaite sans qu’il y ait la moindre équivoque », ajoute-t-il.

Le deuxième point évoqué par Toledano est « la nécessité de suivre et de renforcer tout ce qui est institutionnel qui sera le véritable moteur et permettra d’attirer des personnalités de haut niveau et des profils de qualité qui ont pignon sur rue ».

Car ce dernier, qui plaide en faveur de la vigilance, veut éviter les erreurs du passé. « Nous avons eu par le passé certaines mauvaises expériences. Il faut rester vigilant car l’attente est tellement forte que la moindre déception va avoir un écho énorme », avertit-il.

(Un article sous copyrights : medias24.com)

 

 

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