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EDITORIAL. QATAR ET SOUDAN. Un autre pays arabe pourrait bientôt normaliser ses relations avec Israël. L’annonce devrait intervenir depuis Washington avant les présidentielles du 3 Novembre. Ceci permettrait à Donald Trump d’épingler à son revers un nouveau succès diplomatique avant le scrutin. Et de renforcer son statut de faiseur de paix après avoir instigué les Accords d’Abraham. Et bien sûr les paris sont ouverts pour savoir de quel pays il s’agit.
Le Soudan, ce pays d’Afrique de l’Est à 97% musulman, est l’option la plus tangible. Ca bouge du côté de Khartoum. Le 1er ministre soudanais, Abdullah Hamdukh, s’était jusqu’à présent virulemment opposé à la signature d’un accord de normalisation avec Israël. Arguant que le gouvernement de transition n’avait pas autorité à prendre des décisions à long terme comme un accord de paix. Mais il semble qu’hier il ait finalement changé d’avis et décidé d’apporter son soutien à un tel accord. Il faut dire que la Maison Blanche exerce sur les autorités soudanaises de fortes pressions et leur ont proposé un deal, devrions nous plutôt dire un ultimatum : normalisation avec Israël contre le retrait du Soudan de la liste des pays pro-terroristes.
Un retrait très très convoité par le gouvernement soudanais. Et apparemment la Maison Blanche a su se montrer très persuasive avant quelques cadeaux placés dans le panier de la mariée. Autre signe, un avions privé a décollé hier de l’aéroport Ben-Gourion pour se poser à Khartoum. C’est la deuxième fois que cette liaison est assurée depuis Tel Aviv. La première était un avion qui apportait de l’aide médicale israélienne au Soudan.
Mais ce pourrait être aussi le Qatar qui apparemment à tout intérêt à normaliser avec Israël. Une normalisation qui permettrait à Doha de redorer son blason auprès du Conseil de coopération du Golfe Un Conseil au sein duquel siègent le Bahreïn, Koweït, Oman, Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis et qui a mis le Qatar très à l’écart en raison de sa proximité avec la république islamique d’Iran. Jérusalem ne serait pas contre ce nouvel ami. Mais à la condition que les Etats Unis refusent de lui vendre les avions de chasse F 35 que Doha a sollicités au début du mois. Pas question de remettre en cause l' »avantage militaire qualitatif » d’Israël dans la région à laquelle les Etats Unis sont engagés depuis les années 60,
Pas un seul boulon de cette technologie très sophistiquée ne doit tomber entre les mains d’autres pays fussent-ils amis de l’état hébreu. Cet avantage militaire qualitatif est sans doute la raison de la visite surprise du ministre de la défense Benny Gantz à Washington où il rencontrera son homologue Mark Esper. Israël pourrait demander une compensation à Washington si la vente de F 35 était consentie aux Emirats Arabes Unis. Il pourrait aussi être question de nouveaux développements autour de la menace iranienne. Notamment après que l’embargo sur les armes imposé à Téhéran par Conseil de sécurité des Nations unies a expiré il y a 4 jours.
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