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Récit authentique (Daniel Rouach). Avec la pandémie et les règlementations, les restaurants de Tel-Aviv sont officiellement fermés. Les boutiques aussi. Sauf les pharmacies et magasins d’alimentation. Les restaurants, qui ont fermé leurs portes, peuvent quand même proposer des livraisons et des plats à emporter. Mais la réglementation est trouble. Et personne, pas même ceux chargé de l’appliquer, ne savent vraiment ce qui est légal et ce qui ne l’est pas.

Dans l’incertitude totale, je marche dans la ville avec un dossier médical complet, un paquet d’autorisations, car la police a perdu la boule en Israël. Les amendes peuvent être lourdes si l’agent de police souhaite punir un récalcitrant. Qui de toute manière ne paiera pas l’amende, comme le font la très grande majorité des israéliens.

Hier vers 14 heures j’étais littéralement affamé. Je me trouvais sur la Rue Allenby au centre de Tel-Aviv, et je descendais une rue pour voir si la Bitcoin Embassy était ouverte où pas… Et si, par un heureux hasard, un kiosque était ouvert.

Un restaurant de Burger attire mon regard. Des mouvements à l’intérieur. Un signe amical du restaurateur, la trentaine. La porte est fermée. Il entre-ouvre la porte et me demande en hébreu si je souhaite manger. Il me dit de me positionner en face du restaurant, me demande mon numéro téléphone,… et me joins immédiatement (il est selon la loi, obligé de livrer UNIQUEMENT des commandes passées sur internet où au téléphone).

Je suis à un mètre de lui et nous parlons, via le téléphone cellulaire, de  ma commande. Tout se passe à merveille. Il me demande de m’asseoir sur un banc qui se trouve juste en face, de l’autre côté de la rue.

Quelques minutes après je reçois ma commande livrée sur le banc (serviette incluse, petite boîte design, frites croustillantes, ketchup, moutarde, mayonnaise, cure-dents). Un repas exceptionnel. Un burger inoubliable. En mangeant je pense à Sarah Netanyahou, la femme la plus détestée du pays, qui n’aura jamais dans sa vie ce plaisir simple.

Merci au Covid-19 qui oblige chacun, dans un contexte un peu fou-dingue, à trouver des idées nouvelles pour appliquer une loi Kafkaienne qui finalement ne convient à personne.

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