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La classe politique israélienne connaît une certaine effervescence depuis la publication mardi soir sur Hadashot 12 d’enregistrements de conversations entre le conseiller juridique du gouvernement Avihaï Mandleblit et l’ancien président de l’ordre des avocat Effi Naveh. Mercredi matin, le président de la coalition Micky Zohar a demandé au conseiller juridique du gouvernement de présenter sa démission.

Dans cette conversation, Mandelblit faisait part d’une certaine détresse et se « lâchait » contre le Procureur de l’Etat d’alors, Shaï Nitzan lui reprochant de « le tenir à la gorge » en maintenant délibérément ouvert et en suspens son dossier concernant l’Affaire Harpaz-Ashkenazy malgré le verdict de la Cour suprême. Il faut préciser à ce sujet que les cinq juges de la cour avaient clos le dossier concernant Avihaï Mandelblit car ils n’avaient pas en main des éléments à charge contre lui, qui se sont révélés ultérieurement, et qui trouvent toujours dans dans enregistrements « secrets » dont la clé est dans les mains…d’Avihaï Mandelblit lui-même !

Pour tous ceux qui estiment aujourd’hui qu’il y a quelque chose qui sent très mauvais au sommet du système judiciaire – et les révélations qui se suivent le confirment – cet enregistrement présente un tableau inquiétant : pourquoi le Procureur de l’Etat Shaï Nitzan avait-il maintenu le dossier Mandelblit ouvert ? Voulait-il le maintenir sous son influence ? Etait-ce une forme de chantage pour qu’il prenne des décisions conformes à ses souhaits ? Le conseiller juridique du gouvernement a-t-il pris des décisions dans l’espoir de voir son dossier définitivement fermé ? Ces questions sont d’autant plus importantes qu’il s’agit de la période durant laquelle Avihaï Mandelblit a pris des décisions importantes concernant les dossiers Netanyahou, de qui rajoute encore au doutes qui s’accumulent à propos de ces affaires.

Mercredi matin, dans une déclaration particulièrement forte, le député Micky Zohar (Likoud), président de la coalition, a demandé à Avihaï Mandelblit de démissionner « sous peine de révélations de nouveaux enregistrements compromettants ». « Des informations que je possède, ce qui a été divulgué mardi soir n’est qu’une infime partie de ce qui est encore caché et qui démontrera que tout ce que nous disons depuis des mois est bel et bien confirmé » a indiqué Micky Zohar, menaçant d’un « tremblement de terre » si le conseiller juridique ne tire pas les conséquences de ce qui vient de se passer.

Il faut rappeler que l’avocat Effi Naveh, ancien ami d’Avihaï Mandelblit, qui a lui-aussi maille à partir avec la justice, est apparemment en possession d’enregistrements supplémentaires compromettants, et pourrait les libérer en fonction de l’avancée de son procès.

Mise au point du Premier ministre 

Après les propos de Micky Zohar, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a tenu à faire publier un communiqué indiquant : « Les propos du député Micky Zohar ont été émis sans que le Premier ministre n’en ait eu connaissance préalable et ils ne correspondent pas à sa position. Le Premier ministre se démarque de ces propos avec lesquels il est en désaccord ».

Micky Zohar a ensuite tenté de rectifier le tir en déclarant qu’il avait été mal compris, qu’il ne s’agissait pas d’une menace envers le conseiller juridique du gouvernement mais d’une demande pour qu’ils prenne ses responsabilités et démissionne. Le député a aussi estimé qu’il fallait ouvrir une enquête immédiate contre l’ancien Procureur très controversé Shaï Nitzan, qu’il accuse d’avoir volontairement tenu en suspens Avihaï Mandelblit afin qu’il prenne la décision d’inculper le Premier ministre pour des « infractions » qui n’existent nulle part ailleurs dans le monde.

Source : lphinfo.com

 

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