Cible privilégiée des hackers, Israël a fait de la cyberdéfense un axe stratégique et érigé du même coup les formations à la cybersécurité en priorité nationale.
Ses dernières années le parc des expositions de Tel-Aviv a accueilli CyberTech, le salon international de la cybernétique.
Poussé par sa situation géopolitique, l’État hébreu – l’un des pays à avoir connu le plus grand nombre de cyberattaques – s’est forgé un leadership dans la cybersécurité. Le pays compte près de 250 sociétés spécialisées dans le secteur. De quoi inciter les établissements de l’enseignement supérieur israélien à investir dans ce domaine.
L’université Ben Gourion, une longueur d’avance
Sponsor académique de CyberTech, l’université Ben Gourion (BGU), située à Beer Sheva, dans le Néguev, fait figure de pionnier. « Le monde se tourne de plus en plus vers Israël en matière de cybersécurité, et BGU est devenu un acteur majeur tant sur le plan international que national dans ce domaine », a déclaré l’ex-présidente de l’institution, Rivka Carmi.« Chaque année, nous sélectionnons 40 étudiants pour notre master, le premier du pays à avoir vu le jour dans le domaine de la cybersécurité, explique Bracha Shapira, qui dirige le département ingénierie et systèmes d’information de BGU. Une partie des candidats ont entamé une carrière dans l’armée ou l’industrie, d’autres ont décroché une licence dans le cadre d’un programme d’excellence. Nous comptons par ailleurs une quinzaine de doctorants dans le cyber ou dans l’analyse de données au service du cyber. »
L’université de Tel-Aviv propose pour sa part une licence dans le domaine de la cybersécurité. Sans oublier les cursus mis en place par les écoles d’ingénieurs à l’instar du Sami Shamoon College of Ingineering de Beer Sheva. Mais le campus de BGU occupe une position stratégique, depuis que le gouvernement israélien a décidé voilà environ cinq ans de faire de Beer Sheva la capitale de la cybersécurité. Non seulement BGU jouxte depuis peu le CyberSpark un tout nouveau parc industriel dédié à la cybersécurité, et composé des poids lourds du secteur tels qu’EMC, Lockheed Martin, Paypal, ainsi qu’une myriade de start-up. BGU a misé très tôt sur la « sécurité informatique », en nouant dès 2004 un partenariat avec Deutsche Telekom. Le géant européen des télécommunications a en effet ouvert son premier centre de R&D hors d’Allemagne sur le campus israélien, avant d’installer son laboratoire de recherche dans l’enceinte du parc CyberSpark voisin. Une structure dédiée aux technologies du futur qui fait plancher quelque 60 étudiants, des universitaires et les experts de Deutsche Telekom.
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