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COVID-19. En Israël le prix des masques est très raisonnable. Le marché est inondé de masques fabriqués en Chine. Les supermarchés israéliens réalisent des chiffres d’affaires très élevés… et gagnent au passage des millions de shekels.

Selon le média Caixin Global, le prix des masques en Chine s’est effondré de 90%, passant de 1,6 yuan l’unité [20 centimes d’euro] à 0,5 yuan [6 centimes d’euro], tandis que le prix à l’export a chuté de 74%, passant de 0,65 dollar à 0,17 dollar. Face à l’explosion de la demande mondiale, les industriels du secteur de la plasturgie ou de matériaux filtrants se sont massivement tournés vers la production de masques, aboutissant à une énorme augmentation des capacités.

Étonnamment, ils ne sont pour autant pas perdants, car le prix de la matière première a lui aussi dégringolé. «On ne paye plus qu’un vingtième du prix depuis le pic de mars», témoigne un fabricant du Hubei sur le site 21jingji.com. Le polypropylène, constituant principal des masques chirurgicaux, a suivi la chute des cours du pétrole dont il est dérivé.

Les fabricants sont d’autant moins enclins à quitter le secteur qu’ils sont très investis dans les normes de certification et que la demande reste importante.

Les producteurs français dans le rouge

En France, les masques ont généré 175 millions d’euros de chiffre d’affaires dans la grande distribution, où leur vente est autorisée depuis le 4 mai. «Les masques chirurgicaux et en tissu ont représenté 14% de la croissance de tous les produits de grande consommation», indique Sébastien Monard, de l’institut Nielsen.

L’effondrement du prix des produits chinois fait peut-être le bonheur des consommateurs, mais il n’arrange pas le business du secteur textile français, à qui on avait demandé un «effort patriotique» pour se reconvertir dans la fabrication de ces bouts de tissu. Avec l’arrivée massive des produits chinois et l’annulation de commandes de certaines collectivités locales, ils se sont retrouvés, en juin, avec un énorme stock de 40 millions masques, soit déjà produits, soit dont les matières avaient été commandées.

De quoi alimenter, chez les producteurs, un sentiment de trahison de la part de l’État. Thierry Hayet, patron de deux ateliers textiles en Haute-Loire et anciennement spécialisés dans les housses pour matelas, se retrouve avec un stock de 200.000 masques terminés ou en cours. «Maintenant, c’est poubelle! Que voulez-vous que j’en fasse!», s’énerve-t-il dans une interview donnée au site Zoom d’ici. «Entre un tiers et la moitié des entreprises du secteur risquent de déposer le bilan», prévient l’entrepreneur, qui demande que l’État rachète les stocks d’invendus.

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