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Si les techniques scientifiques ont beaucoup apporté à la recherche historique, faudra-t-il que les futurs Indiana Jones doivent maintenant être Bac+-8 pour découvrir des trésors cachés ?

Cela n’a pas toujours été le cas et, même, la première analyse d’un tableau au rayon X a été effectuée un peu par hasard durant la 1ère guerre mondiale dans une ambulance militaire, par des docteurs amateurs d’art. Mais de nos jours, les techniques les plus sophistiquées sont mises en œuvre avec des résultats époustouflants. Ainsi, tout récemment, une ancienne cité romaine a été cartographiée uniquement grâce à des radars à pénétration de sol qui ont pu répertorier des thermes, un marché, un temple et même un important réseau de canalisations d’eau… sans déplacer la moindre pierre.

Dans un autre registre, un doctorant vient de déchiffrer les passages biffés d’une correspondance secrète entre Marie-Antoinette et son chevalier-servant Axel de Fersen, grâce à un scanner ultra-perfectionné utilisant la « spectroscopie de fluorescence de rayons X » qui a pu séparer les différentes encres utilisées. Hélas, ces messages privés ainsi révélés n’ont pas permis de savoir jusqu’où a été poussée la romance entre ces deux personnages historiques.

Plus étonnant, encore, c’est toute une équipe d’une vingtaine de chercheurs, dont une carpologue (spécialiste des graines), un palynologue (qui étudie les pollens), un anthracologue (expert du charbon), un archéo-entomologue … qui analyse toutes les traces de ce qu’on suppose être le cercueil de Montaigne, caché depuis des siècles au musée de Bordeaux. Des prélèvements ADN des parties de corps retrouvées sont aussi en cours d’analyse et selon ces scientifiques, la découverte du tombeau est arrivée au bon moment ; il y a quelques années, il aurait été impossible d’étudier la dépouille, comme cela va se faire.

Mais parfois la science ne peut pas tout faire et c’est ce qui se passe à Florence dans un endroit appelé « la salle des 500 » où a été peinte au XVIème siècle une fresque par Léonard de Vinci intitulée « La bataille d’Anghiari ». Il s’agit d’un des chefs d’œuvre de la Renaissance, tableau mythique, dont il ne reste que quelques copies de parties, mais qui a fortement marqué les spectateurs de son temps. Laissée inachevée, les commanditaires de l’œuvre demandèrent à l’époque à un autre peintre, Georgio Vasari, de la recouvrir par une de ses œuvres. De nombreux spécialistes pensent que le remplaçant de Léonard n’a pas pu effacer ce chef d’œuvre et qu’il aurait dressé un mur devant la toile pour peindre sur une autre paroi. De nombreux essais et forages ont été pratiqués, mais un choix doit se faire. Doit-on détruire l’œuvre existante, au risque de ne rien trouver derrière, ou attendre de nouveaux progrès scientifiques qui permettront de voir à travers des murs … ?

Mais il arrive aussi que la science ne soit pas infaillible. Ainsi, on vient de découvrir que le procédé dit « carbone 14 »,  qui a longtemps constitué la panacée en datation des objets pouvait être faussé dans certains cas et occasionner des erreurs de plusieurs milliers d’années.

C’est ainsi, même les techniques les plus poussées peuvent avoir des failles et un peu d’humilité doit être observée. C’est ce qu’aurait dû avoir un scientifique français qui, dans un livre du XIXème siècle a écrit « Le marin breton est tellement ignorant et superstitieux, qu’il croit que la lune a une influence sur les marées …».

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