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Avoir la chance d’être sélectionné pour rejoindre la formation des pilotes ne garantit en rien de devenir un jour pilote. “Rien n’est facile. Pendant l’ensemble de la formation, j’étais sûr que j’allais être recalé. Il y a eu de nombreuses fois où j’ai craqué, où tout me paraissait difficile”, avoue le lieutenant G.  L’une des grandes difficutés de la formation est l’incertitude. “Jusqu’à la fin de la formation, tu ne sais pas si tu vas réussir à arriver au bout. Tu ne sais pas si tu es bon ou mauvais”, explique t-il. “Tu dois être constamment bon mais tu ne l’es jamais assez. Le jour où j’ai appris que j’avais été sélectionné pour participer à la formation, j’étais le plus heureux du monde. C’était à 6h du matin, j’ai appelé mes parents qui dormaient. Ils étaient vraiment très émus et très heureux pour moi.”
Le lien entre les recrues est l’une des choses les plus chères aux yeux du pilote G. “Il est vrai que l’atmosphère est une atmosphère de compétition”, explique t-il. “Mais il s’agit davantage d’une compétition avec toi-même, car tu veux donner le meilleur de toi. Beaucoup de mes amis ont été recalés de la formation. Ça m’a bouleversé. Ce sont des personnes avec qui je passais mes journées. Nous dormions dans la même tente pendant la première année, nous nous entraînions ensemble… et tout d’un coup elles n’étaient plus là. Mais cette formation ne t’autorise pas vraiment à t’effondrer. Il faut garder la tête froide et avancer.”

 Recevoir enfin ses ailes de pilote

“Le moment le plus émouvant de mon parcours a été la remise de mes ailes des pilote. Je suis monté dans les tribunes, entouré de ma famille et de mes proches”, se souvient le pilote G. “Ce moment m’a vraiment ému.” Lorsque les soldats terminent enfin leur formation et reçoivent leurs ailes de pilote, ils s’engagent à servir 9 ans dans Tsahal et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils sont encore loin d’être des pilotes de chasse opérationnels. Ils entrent dans la formation avancée qui dure environ 2 ans et qui leur permettra seulement alors de participer aux activités opérationnelles de Tsahal.
Le lieutenant G. vole actuellement aux commandes du Skyhawk, un avion de combat qui a participé à toutes les guerres d’Israël. “Le Skyhawk sert aujourd’hui d’avion de formation et nous sommes la dernière génération à voler dessus”. À la fin de sa formation avancée, le lieutenant G. aura la chance de piloter le F15 ou le F16, bijoux de la flotte aérienne de Tsahal.

Mûrir et devenir responsable

Ces trois années intensives que représente ce parcours permet non seulement de former de nouvelles générations de pilotes, professionnels et capables de défendre les frontières d’Israël, mais également de faire de ces jeunes soldats des personnes mûres, responsables et qui ont conscience du sens de leur mission. “Si nous sommes ici, c’est pour notre pays”, explique le pilote G. “C’est pour cette raison que nous servons dans l’armée. Il est important de garder à l’esprit que nous vivons [en Israël] dans une région complexe. Mais il y a des personnes ici qui ont pour mission de protéger le pays et de faire en sorte que la population puisse vivre dans le calme. Les habitants peuvent être sûrs que l’Armée de l’Air les défend et assure leur sécurité.”
A NOTER. Giora est un prénom d’emprunt.

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