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Un article de Guitel Ben-Ishay (LPH). Les actions en faveur de la reconnaissance des diplômes français que mène Qualita se poursuivent. Après avoir obtenu des avancées concernant les dentistes, les pharmaciens et avec les médecins internes, l’association a entrepris de prendre en main le dossier des infirmiers/es.
Une pétition a été lancée en 20 août, qui a déjà dépassé la barre des 1000 signatures, en faveur de la reconnaissance du diplôme français en Israël.
 « Si elles peuvent soigner 500 millions d’européens, pourquoi seraient-elles inaptes à soigner la population israélienne ? « 
Les infirmiers/es françaises qui sont titulaires d’un des meilleurs diplômes dans le monde, peuvent exercer sur tout le territoire européen mais pas en Israël. A cela s’ajoute le fait que l’Etat d’Israël manque cruellement d’infirmiers/es et qu’aussi bien les hôpitaux que les caisses de maladie tirent régulièrement la sonnette d’alarme.
Cet état de fait ajoute au désarroi des infirmiers/es qui ont fait leur alya de France: ils ne peuvent pas exercer leur métier et restent impuissants alors qu’ils désirent tant aider l’Etat d’Israël.
Un examen théorique inadapté
Jusqu’à aujourd’hui, un(e) infirmier/e qui fait son alya doit dans un premier temps déposer ses diplômes au ministère de la Santé, qui donne son feu vert pour passer un examen théorique d’équivalence,  « celui-là même que sont obligés de passer les jeunes étudiants israéliens qui finissent leurs études », souligne Myriam Leser, directrice adjointe de Qualita. Or, cet examen est inadapté pour des personnes qui ont derrière elles des dizaines d’années d’expérience sur le terrain.  »La forme de l’examen, un QCM, déroute bon nombre des candidats, le test est souvent mal traduit en français ; du coup il y en a beaucoup qui, après leur alya ne tente même pas de passer cette équivalence ». Certaines infirmières pourtant reconnues et expérimentées ont échoué à 7 voire 8 reprises à cet examen !
Et c’est ainsi que cette main-d’œuvre rare et ô combien importante, se retrouve à travailler dans des domaines totalement éloignés de sa formation et surtout de sa vocation.
»Cette situation ne peut pas durer », clame Ariel Kandel, directeur de Qualita, à l’image de Ruth, qui, interviewée par la télévision israélienne, témoigne avec des larmes dans la voix de son rêve de petite fille d’être infirmière en Israël, qu’elle refuse d’abandonner malgré les obstacles.
« Laissez-nous travailler »
»Il est bien normal d’exiger un certain niveau d’hébreu et bien normal aussi de procéder à un examen des compétences. Ce que demande ce personnel médical c’est qu’on lui accorde la possibilité d’être testé sur le terrain sous supervision et de travailler pour faire ses preuves », explique Myriam Leser.
C’est pourquoi la pétition lancée par Qualita demande de permettre aux olim infirmiers/es, d’effectuer un stage pratique d’une année au lieu de l’examen théorique. « Ensuite l’infirmière chef décidera si elle garde la personne ou pas. Cette disposition est d’ailleurs déjà permise par la loi aujourd’hui ».
Dans les jours qui viennent, une délégation de Qualita sera reçue par le Ministre de la Santé. Elle lui présentera la pétition ainsi que tous les éléments qui permettront de faire pencher la balance en faveur d’une avancée que même le personnel médical en Israël appelle de ses vœux.  « Le sujet sera soulevé par le député Elie Elalouf dès l’ouverture de la session d’hiver de la Knesset », souligne Myriam, espérant que les olim et la centaine d’infirmiers/es candidat(e)s à l’alya qui observent, entendent de bonnes nouvelles.
 
Pour signer la pétition:
www.atzuma.co.il/infirmieresdefrance

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