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Les scientifiques français et israéliens s’apprêtent à lancer dans la nuit de mardi à mercredi « Venus », un microsatellite d’observation de l’environnement, depuis la base de Kourou en Guyane.
Lundi soir, à 24 heures du départ du lanceur « Vega », qui propulsera le satellite à 720 kilomètres d’altitude, l’ambiance était un peu fébrile dans les couloirs de l’hôtel où sont réunies les équipes du Centre d’études spatiales français (CNES) et de l’Agence spatiale israélienne (ISA). « Si le lanceur marche, je ne vois pas de raison que les choses aillent de travers… « , tentait de se rassurer le chef du projet côté français, Pierric Ferrier.
« Venus » est le fruit d’une coopération inédite entre les deux nations qui ont contribué à hauteur égale dans le projet pour une somme totale avoisinant les 80 millions d’euros. L’enjeu est de taille pour la petite agence spatiale israélienne, dont le dernier lancement avec Arianespace remonte à la propulsion d’Amos 1… en 1996. « Venus est le premier satellite de recherche pour l’environnement conçu par Israël, conjointement avec la France, et le plus grand projet de l’agence spatiale israélienne », a souligné le directeur de l’agence spatiale israélienne Avi Blasberger.
La coopération entre la France et Israël ne s’est pas faite sans anicroches. « Ils ont une culture qu’on ne connaissait pas, indique le directeur des opérations du CSG Antoine Guillaume.
C’est challenging… Ils ont dû apprendre à travailler avec nous comme nous avons dû apprendre à travailler avec eux. Au début, ça frictionnait un peu mais au final ils nous ont dit que c’était la campagne la mieux organisée à laquelle ils avaient participé. »
Parmi les demandes déconcertantes des partenaires israéliens : décaler le vol d’une minute mardi soir en raison d’un risque infinitésimal de collision avec la station spatiale internationale. Une requête finalement abandonnée.
Autre conséquence inattendue de la coopération franco-israélienne, le refus des nations arabes de participer au projet.
Alors que les demandes d’observations étaient ouvertes aux scientifiques du monde entier, aucun pays arabe n’a souhaité solliciter les mesures du satellite franco-israélien.
Les études réalisées en Irak et en Tunisie le seront à la demande de chercheurs français… Pour le reste, les Etats-Unis se taillent la part belle des mesures puisqu’ils concentreront 24% des sites observés par « Venus », devant le Brésil (8%), l’Australie (5%) et la France (5%).
Source : Remi Clément (Copyrights) pour challenges.fr

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